Tout cela est d'une fadeur, d'une langueur, d'une candeur et d'une lenteur qui m'a passablement agacé les nerfs pendant plus de deux heures qu'a duré la représentation de cette œuvre mêlée d'une décoction de pavots; cependant on a applaudi, je dois le dire; on a pleuré, je l'avoue; on s'est mouché, je le confesse. Il y a évidemment des amateurs, et plus d'un, qui se divertissent et s'attendrissent de ces sortes de choses; pour moi, ce n'est pas mon goût; j'en demande à Pierre le millionnaire un million de pardons.

Chinoiseries.

Cloche chinoise exposée à Londres, dans la bibliothèque du palais de Buckingham.

Parmi les chinoiseries que les Anglais ont volées aux habitants du Céleste Empire pendant la dernière guerre, ou qu'ils en ont reçues à titre de présent, après la conclusion du traité de paix, les plus belles, offertes à sa Majesté la reine Victoria, ont été exposées la semaine dernière à la curiosité publique dans la bibliothèque du palais Buckingham. Nous nous empressons d'en donner deux dessins: ce sont une grosse cloche et deux vases qui ornaient autrefois le temple de Ning-po.

Vases chinois.

La cloche a environ 1 mètre 70 centimètres de hauteur et 3 mètres de diamètre. Sa forme élégante rappelle celle de la campanula tremuloïde, le pied de lièvre de Shakspere. Le métal dont elle se compose est un mélange d'étain, de cuivre et d'argent, mais l'argent domine dans une très-grande proportion. Ses sons sont éclatants et doux et se font entendre à de très-grandes distances. La surface extérieure est entièrement couverte d'inscriptions, de bas-reliefs et de figures dont l'exécution ne laisse rien à désirer. Les figures représentent des personnages distingués de la secte de Boudha; les inscriptions sont en diverses langues; les chinoises consistent pour la plupart en listes de fidèles des deux sexes; les sanscrites, que M. Samuel Birch s'occupe de traduire en ce moment, jetteront, à ce qu'on assure, un jour nouveau sur l'histoire ancienne de la péninsule de l'Indoustan. D'après une inscription chinoise, cette cloche a été fondue au temple de Peen-ling-pe-sze (près de la ville de Shaou-ching), la huitième lune de la dix-neuvième année du règne de Taou-Kwang, l'empereur actuel de la Chine, c'est-à-dire en 1839.

Les vases sont, comme la cloche, composés d'un alliage fondu et comme elle ils se font remarquer par la beauté de leur forme et de leurs ornements.

Bulletin bibliographique.