Voila quelle a été la part prise à l'œuvre du Mont-Carmel par l'élite de nos artistes. La littérature, on le pense bien, ne devait pas s'abstenir, ni rester en arrière, seulement sa participation est moins apparente.

M. Alexandre Dumas a envoyé le Manuscrit de Fernande, roman en trois volumes;--M. Alfred de Vigny a fait précéder plusieurs volumes de ses œuvres de quelques pages inédites et manuscrites;--M. V. Hugo a donné nu exemplaire de sa Notre-Dame de Paris, avec une lettre au frère Charles;--M. Émile Deschamps a procédé de même; une page de ce charmant poète orne sa traduction de Macbeth.

--Enfin, nous avons remarqué les noms de MM. de Lamartine, Alexandre Soumet, Roger de Beauvoir, Léon Gozlan, Altaroche, Augustin Challamel, Adolphe Dumas, Jules Lacroix, Wilhem Témat, Ponjoulat, Raoul-Rochette, etc. La Société des gens de lettres a prêté presque tout entière son concours à l'œuvre du Mont-Carmel.

Plusieurs lettres autographes de Napoléon et de Lucien Bonaparte forment des lots importants, et quelques autres curiosités intéressantes ornent cette exposition improvisée.

Les musiciens n'ont pas fait défaut. M. Spontini a composé, tout exprès pour l'œuvre, un cantique dont les paroles sont de M, Adolphe Dumas. Il a donné, en outre, ses partitions de Fernand Cortez, de la Vestale, d'Olympie, avec autant de dédicaces écrites de sa main. M. Donizetti a envoyé un morceau de musique religieuse, morceau entièrement inédit et manuscrit; MM. Carafa, Haley, Pauseron, etc., ont contribué avec empressement à la bonne œuvre du frère Charles. Mais, hélas! nous n'avons pas trouvé là, jusqu'à présent, une note de Rossini, de Meyerbeer ou d'Auber. Espérons que, dans quelques jours, cette lacune aura été comblée.

Nous avons certainement oublié bien des noms, et, à vrai dire, nous n'avons donné qu'une idée bien imparfaite de l'exposition pour la loterie du Mont-Carmel; notre but était, avant tout, d'appeler l'attention du public sur ce point, et de faire comprendre à tous les artistes, à tous les écrivains, à tous les hommes de pensée, combien il leur importe de ne pas rester en arrière, lorsqu'il s'agit d'une œuvre aussi grande et aussi généreuse que celle dont nous venons de parler. Disons avec un voyageur;

«Que tous ceux qui ont parcouru l'Orient viennent en aide au frère Charles! Il est impossible d'avoir passé au milieu de ses populations chrétiennes, d'avoir entendu leurs vœux, examiné les rivalités qui se les disputent, sans comprendre la nature et la portée du coup qui vient de nous être adressé dans ce qu'il y a de plus français en Syrie.» Ajoutons que, plus les chrétiens sont menacés en Asie, plus le temple et l'hospice du Mont-Carmel acquièrent d'importance. C'est un port où ils se reposeront en sûreté, où des mains amies fermeront leurs blessures, où les persécutions des musulmans s'arrêteront infailliblement.

Jérémie, tableau par M. Horace Vernet.

Les frères Jean-Baptiste et Charles sont satisfaits, et c'est en leur nom que nous remercions tous ceux qui ont coopéré à la grande œuvre. Dans le principe, l'exposition des lots envoyés au comité devait avoir lieu au couvent des carmélites; mais le nombre des envois a été si considérable, que force a été de changer de local. Une salle basse du palais du Luxembourg a été accordée aux demandes du comité.