1° Un nouvel échappement qui, de 1809 à 1844, a été constamment amélioré, et qui rend le toucher plus facile et fait mieux résonner la corde;

2º Un système d'agrafes pour tenir les cordes et qui procure un tirage plus égal et plus rationnel;

3° Le barrage métallique inventé en 1822, et qui a été perfectionné par des essais successifs jusqu'à cette année. Pour se rendre compte de l'importance de ce procédé, il faut songer que le tirage des cordes du piano équivaut à environ 12,000 kilogrammes. De là la nécessité de pièces d'une grande force et d'une grande rigidité pour résister à ce tirage énorme;

4° L'application depuis 1834 d'un nouveau système de monture et de proportion des cordes de basse qui leur permet de résister à des variations de température de quinze à vingt degrés;

5° L'introduction de la basse harmonique qui a permis de mettre en rapport les dessus des grands pianos avec le médium et les basses.

M. Érard ne s'est pas borné à la partie la plus importante de son art, il a également apporté tous ses soins à l'ébénisterie et à l'ornementation de ses instruments, comme nos lecteurs peuvent s'en convaincre par le dessin d'un piano en chêne sculpté, peint et doré, que nous mettons sous leurs yeux.

Sculptures exécutées par les détenus de la
maison centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne),
sous la direction de M. de Saint-Amant.

M. Pleyel a conservé la vieille réputation de ses pianos si bien appropriés à nos petits appartements; il les a améliorés en leur donnant plus de son et plus de tenue.

M. Pape a exposé un piano qui compte huit octaves et qui se distingue en outre par la réduction du format, l'augmentation de sonorité et la simplicité de son mécanisme, qui se trouve réduit à quelques frottements, les marteaux fonctionnant directement sous les touches, sans l'intermédiaire d'aucun levier.