Buffon, Histoire de ses Idées et de ses Travaux; par M. Flourens, de l'Institut, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, membre de l'Académie française, etc. 1 v. in-18. 3 fr. 60.--Paulin, éditeur, rue Richelieu, 60.
M. Flourens vient de publier à la librairie Paulin un charmant volume qui a sa place marquée dans toutes les bibliothèques à côté des œuvres de Buffon. Ce volume est intitulé Buffon, histoire de ses idées et de ses travaux. Comme savant et comme écrivain. M. Flourens, à la fois secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences et membre de l'Académie française, possède tous les titres qui donnent le droit de toucher à un si grand sujet. Les idées et les travaux de Buffon jugés, éclairés, rectifiés par les idées et les travaux de la science actuelle, telle est l'étude que M. Flourens présente aux savants et aux gens du monde, dans un langage digne de Buffon lui-même. Il manquerait un trait intéressant à l'annonce de ce nouvel ouvrage de M. Flourens, si l'on ne disait que par une circonstance curieuse et naturelle d'ailleurs, l'illustre professeur de physiologie comparée au Jardin du Roi a écrit sur Buffon dans l'appartement même que celui-ci a habité, au sein de cet établissement dont la création lui doit sa première splendeur. M. Flourens, dont les travaux scientifiques sur les diverses branches de l'histoire naturelle ont une réputation universelle, n'est pas de ceux qui pensent que la science doit avoir ses adeptes et que ses secrets peuvent demeurer enfermés loin des regards de la foule. Ce n'est pas la première fois qu'il descend des hauteurs du sanctuaire mystérieux de la science pour rendre populaires les connaissances qui s'y préparent, en faisant passer dans une langue toute littéraire et académique, les notions de l'histoire naturelle. C'est par là aussi que m. Flourens est digne de son illustre prédécesseur, qui a su revêtir des tonnes du plus magnifique langage des vues et des découvertes qui ne savent le plus souvent s'exprimer que dans le style aride de l'amphithéâtre ou dans la langue barbare de la nomenclature. M. Flourens est l'auteur d'un volume sur Georges Cuvier dont l'Histoire des idées et des travaux de Buffon est un utile et précieux pendant. C'est ce qu'il exprime bien mieux que nous ne saurions faire, dans une préfacé à laquelle nous empruntons l'extrait suivant:
«J'ai publié en 1844 l'Analyse raisonnée des travaux de Georges Cuvier.
«L'histoire des travaux de Buffon touche partout à l'histoire des travaux de Cuvier; ces deux grands écrivains lient deux siècles; Buffon devine, Cuvier démontre; l'un a le génie des vues, l'autre se donne la force des faits; les prévisions de l'un deviennent les découvertes de l'autre, et quelles découvertes! Les âges du inonde marqués, la succession des êtres prouvée, les temps antiques restitués, les populations éteintes du globe rendues à notre imagination étonnée. Les travaux de Buffon et de Cuvier sont pour l'esprit humain la date d'une grandeur nouvelle.
«J'ai vu ces grands travaux, et j'ai voulu en écrire l'histoire,»
L'Histoire des idées et des travaux de Buffon, l'Analyse raisonnée des travaux de Georges Cuvier, sont donc deux parties d'un même sujet, traitées l'une et l'autre par le continuateur et le successeur des deux plus beaux génies que la science ait dotés depuis un siècle. M. Flourens est aussi l'auteur d'un excellent petit livre sur l'instinct et l'intelligence des animaux, inspiré par les travaux de M. Frédéric Cuvier, homme d'une grande science et d'une admirable pénétration, que son nom n'a pas empêché de devenir célèbre, et qui figure à côte du grand Cuvier, son illustre frère, plus haut que le second des Corneille à côté de l'auteur des Horaces et de Cinna.
Tous ces ouvrages, ainsi qu'un excellent Examen de la Phrénologie, où les gens du monde peuvent apprendre ce qu'on doit penser des théories de cette prétendue science, sont des travaux qui pourraient à eux seuls établir une renommée, mais qui sont pour M. Flourens comme une affaire de luxe et propres à montrer ce que la vraie science peut gagner à être revêtue d'un beau langage.
Nous reviendrons sur ces travaux et particulièrement sur le volume qui vient d'être publié. Un de nos collaborateurs que ses études mettent à même de l'apprécier dans ses détails, en rendra compte avec une autorité que nous ne pouvons donner au jugement que nous en portons ici.
La Chassomanie, poème par M. Deyeux, orné de seize grands dessins à deux teintes, compositions de MM. Alfred de Dreux, Beaume, Forest, Foussereau et Valerio. 1 vol. grand in-8.--Paris. Imprimeurs-Unis. 12 fr.
Telle est des dieux l'auguste volonté,