À l'Ambigu-Comique, le miracle ne s'opère qu'après des événements de toutes sortes: batailles et croisades, usurpation et détrônement, lépreux errant, incendie, enfant affamé, inondation, mort, résurrection, tout ce qui constitue, en un mot, un mélodrame complet. C'est au moment où le tyran, persécuteur d'Élisabeth, croit la surprendre portant des vivres à un proscrit, contrairement à la loi, que l'ange qui protège Elisabeth change les vivres en bouquets de roses. Et ainsi le tyran a un pied de nez, sans compter que la vertu finit par triompher du scélérat et l'envoie ad patres.

Vers, prose, ange, démon, costumes et décors splendides, rien ne manque à cette production de MM. Hostein et Antony Béraud.

Le Tir fédéral de 1844.

(Voir t. III, p. 327, la première partie
de la lettre de notre correspondant.)

Le Stand.--Vue extérieure.

Bâle, 12 juillet 1844.

A l'heure fixée, c'est-à-dire à six heures du matin, le lundi 1er juillet, malgré ma fatigue de la veille, j'étais au stand.

Plus de dix mille personnes m'y avaient précédé. Quel mouvement, quel bruit, dans l'intérieur de cette immense salle! Avec quelle impatience les carabiniers qui occupaient les soixante-douze stalles du stand attendaient le signal de l'ouverture du tir! Dès que ce signal fut donné, soixante-douze coups de canon partiront à la fois... La fête est commencée. Elle durera huit jours sans interruption.