Dans la nuit du 24 au 25 juin dernier, le café-théâtre de l'Alcazar, situé cours Belzunce, à Marseille, est devenu la proie des flammes.
Il était minuit environ.
La pantomime allait finir, les flammes de Bengale s'allumaient pour l'apothéose et commençaient à embraser la scène de leur lumière rouge. Les spectateurs s'apprêtaient même à sortir, et un grand nombre étaient déjà debout, se dirigeant vers la porte donnant accès dans la cour intérieure.
Tout à coup, le cri: Au feu! retentit sur la scène et l'on vit les flammes s'élever aussitôt le long des portants des coulisses, et atteindre en un clin d'œil les frises.
La panique sur la scène et dans la salle fut générale, et en un instant l'évacuation eut lieu, sans accident, heureusement.
La cour présenta alors un aspect bizarre.
Tout le monde fuyait de tous côtés se dirigeant vers la porte de sortie: artistes en costumes, soldats et spectateurs. Pendant ce temps, le feu avait embrasé déjà toutes les coulisses et la scène, qui s'effondraient avec des craquements sinistres, et il commençait à envahir la salle par les galeries et l'orchestre.
A ce moment, tout espoir de circonscrire le feu dans l'espace étroit réservé aux loges des artistes fut perdu. Il était même difficile de rester dans la salle ou d'essayer d'enlever quoi que ce soit de devant le feu, qui gagnait avec une rapidité foudroyante.
Cependant les pompiers avertis commencèrent à arriver, et à minuit vingt minutes les pompes étaient placées prêtes à manœuvrer. Mais, hélas! le feu n'attendait pas, lui, et dix minutes plus tard, à minuit et demi, tout s'abîmait, et de l'Alcazar il ne restait plus que les ruines lamentables que représente notre dessin.
La cause de l'incendie est attribuée à une fusée qui, maladroitement lancée dans la pantomime, avait mis le feu à un décor en papier du fond de la scène.