La phrase était bien troussée; mais notre chroniqueur écrivait don Deux Sous comme il aurait écrit don Carlos, et cette faute d'orthographe montre assez qu'il ne connaît rien aux opérations de primes.
Il faut écrire dont deux sous, et nos lecteurs vont le comprendre en se rendant compte de l'opération.
Exemple.
La rente 5 p. 100 est à 91 fr. Pour un motif ou pour un autre, vous prévoyez une grande hausse et, en conséquence, vous ordonnez à votre agent ou à votre coulissier de vous acheter 5, 10, 15 ou 20,000 fr. de rente. Mais comme en cas d'insuccès vous désirez limiter votre perte, vous ordonnez de les acheter à prime, soit à prime dont 1 fr., dont 50 c., dont 25 c.
Cela veut dire que si la hausse que vous prévoyez n'arrive pas, vous vous réservez le droit d'abandonner votre marché moyennant le payement de la prime que vous avez stipulée, soit 1 fr., soit 50 c., soit 25 c. sur les rentes que vous achetez.
La prime de 1 fr. pour 5000 fr. de rente représente 1000 fr., et par conséquent la prime de 50 c. représente 500 fr. et la prime de 25 c. 250 fr. Ce sont là les primes qui se liquident à la fin du mois.
Il est clair que cette faculté de continuer ou de résilier votre marché vous donne un avantage qui doit être compensé pour votre vendeur par un avantage égal. Cet avantage est représenté, pour le vendeur, par un prix au-dessus du cours du jour. Ainsi, dans l'exemple que nous citons, en prenant la rente à 91 fr,, l'acheteur à prime la paiera, je suppose, 92 fr. dont 1 fr., 92 fr. 50 c. dont 50 c. et 92 fr. 75 c. dont 25 c.
Naturellement, moins on risque d'argent et plus la prime est élevée. C'est logique.
D'après ces explications, on voit maintenant que l'acheteur à prime tient au vendeur ce langage:--Je vous achète 5000 fr. de rente, dont je vous paierai 1 fr. (soit 1000), si les cours tournent contre moi.
A la fin du mois, et tous les jours, pour les primes de 10 et de 5 centimes, l'acheteur à l'heure fixée pour la réponse des primes, déclare s'il lève ou s'il abandonne les rentes qu'il a achetées.