du moins la mésangette perfide d'un bambin qui le guettera à son tour, et il expiera ses noirs forfaits par une captivité qui ne finira très-vraisemblablement qu'avec sa vie.

G. P.

LES ENVIRONS DE LA GRENOUILLÈRE

LA CAGE D'OR

NOUVELLE

(Suite)

Nullement préparé à un événement qui pouvait exercer une influence si considérable sur son existence, le marchand était en proie à une indicible émotion. Des larmes,--nous voulons croire que seule, la charité chrétienne les faisait couler,--avaient jailli de ses paupières; pâle, la bouche béante, les yeux égarés, il écoutait sans l'entendre le maître de poste, qui, persuadé que ce sensible voyageur tenait au défunt par les liens de la parenté ou de l'amitié la plus vive, lui fournissait de minutieux détails sur les pompes de l'enterrement auquel tout Kalouga avait assisté.

L'esprit positif de Nicolas Makovlof eut enfin raison de ces mouvements désordonnés de son cœur; revenant à la pratique des affaires, il s'enquit soigneusement du nom, de la qualité, de la position de l'héritier du boyard, de celui enfin dont il devenait le bien, la chose, au même titre que les meubles meublants qui garnissaient le château délaissé.

Le maître de poste ne pouvait malheureusement lui fournir que des renseignements incomplets. Le seigneur Laptioukine avait disposé de ses biens en faveur d'un neveu qui portait le même nom que lui; mais ce neveu, un fort mauvais sujet, s'il fallait en croire la rumeur publique, on le connaissait à peine au domaine, où il y avait longtemps qu'il n'était venu. On savait qu'il avait habité Moskow pendant quelque temps; mais, depuis un an, on ignorait à Kalouga où la dissipation de sa conduite l'avait conduit.