VALPARAISO.--Inauguration de la statue de lord Cochrane.
HISTOIRE DE LA COLONNE
Deuxième article (1)
Note 1: Voy. le dernier numéro.
II.--L'exécution (suite).
L'architecture de la colonne, si importante qu'elle fut, demeurait accessoire. Le placement des bronzes, tel était le point principal. Une grosse difficulté naissait, en effet, de cette propriété qu'ont les corps en général, et les solides en particulier, de se dilater quand la température s'élève, et de se contracter quand elle s'abaisse. Car, par suite, le revêtement de bronze devait être exécuté de telle sorte que, tout en ne présentant aucune solution de continuité perceptible, il laissât au métal toute liberté de mouvement.
C'est contre cette double condition que se brisèrent les facultés scientifiques de M. Gondoin. C'est la position de ce problème qui fit l'Institut en masse hocher la tête et se gratter l'oreille. C'est sa solution enfin qui détermina surtout l'adjonction de M. Lepère à l'architecte officiel de l'œuvre.
Or, cette partie du travail qui nous occupe est précisément l'une des moins connues et des moins appréciées--bien que la plus intéressante peut-être--par quiconque n'est pas un spécialiste.
On nous permettra donc de nous y arrêter quelques instants.
Dans le principe, pour faire une statue de bronze, les anciens Grecs se contentaient, au rapport des auteurs du temps, d'en exécuter au marteau les diverses parties, et de les assembler ensuite, entre elles, à l'aide de clefs. Plus tard, ils fabriquèrent des moules de bois, qu'ils habillaient de métal, et l'œuvre était parachevée à l'aide du martelage. Procédé qui fut en usage aussi chez les statuaires égyptiens, si l'on en juge d'après une tête d'Osiris conservée au Musée britannique et dans l'intérieur de laquelle des fragments de bois sont très-apparents encore.