En attendant, la session des conseils généraux, qui vient de s'ouvrir, montre que l'idée républicaine, si sérieusement battue en brèche depuis quelques semaines, est encore vivace dans un grand nombre de départements. L'opération préliminaire de la constitution des bureaux a donné pour résultat la réélection de tous les anciens présidents, sauf dans treize départements. Sur ces treize nouveaux présidents, sept sont monarchistes et six républicains; parmi les présidents non réélus, il faut, citer M. Casimir Périer, dans l'Aube, battu par trois voix de majorité.
D'après une dépêche de Versailles on compterait, sur la totalité des présidents, cinquante conservateurs, vingt-trois républicains appartenant à la gauche et douze membres du centre gauche. Le parti conservateur aurait donc, somme toute, un avantage de quinze élections.
Les sentiments d'attachement des Alsaciens-Lorrains à la France et la reconnaissance des populations de l'Est envers M. Thiers viennent de s'affirmer de nouveau à l'occasion du passage à Belfort et à Mulhouse de l'ex-président de la République, se rendant en Suisse.
Sur tout son parcours entre ces deux villes, et même sur le territoire annexé, M. Thiers a été l'objet des ovations les plus enthousiastes. Cette explosion toute spontanée et bien naturelle du sentiment populaire a malheureusement été dénaturée par un certain nombre de journaux, dont quelques-uns n'ont pas craint d'affirmer qu'elle était le résultat d'inspirations venues de Berlin.
C'est là un nouvel exemple de cette fureur de dénigrement commune à tous les partis dans notre pays, et il est triste de constater que nous ne pouvons nous habituer à exprimer les divergences d'opinions qui nous séparent sans nous accabler mutuellement des accusations et des injures les plus monstrueuses.
L'anniversaire du 15 août a fourni aux bonapartistes une occasion toute naturelle de manifestation. Une députation évaluée de mille à onze cents personnes, et comprenant les notabilités du parti, s'est rendue à Chislehurst, où elle a été reçue par le prince impérial, qui a prononcé une allocution terminée par ces mots:
Quant à moi, dans l'exil et près de la tombe de l'empereur, je médite les enseignements qu'il m'a laissés. Je trouve dans l'héritage paternel le principe de la souveraineté nationale et le drapeau qui la consacre. Ce principe, le fondateur de notre dynastie l'a résumé dans cette parole à laquelle je serai toujours fidèle: «Tout pour le peuple et par le peuple.»
COURRIER DE PARIS
«--Sire, il faut faire des hommes.»
Voilà justement ce que disait le vieux Sully à Henri IV.--Pour le moment, Henri IV était occupé à manger des œufs pochés avec du raifort et de l'ail, trois choses dont il était fou. Ce mets béarnais portait le roi à rire.