Du moins, la lutte sera acharnée et ce n'est que pas à pas que l'ennemi pourra avancer.
Un instant surprises, nos troupes se reforment: deux armées sont sur pied.
L'une, à Metz, triomphe à Borny et à Rezonville, mais voit le cercle allemand se reformer autour d'elle après Gravelotte.
L'autre, après une résistance désespérée, est forcée de déposer les armes à Sedan.
La France n'a plus d'armées; ses généraux sont prisonniers.
Les armes, les soldats, l'argent, tout manque à la fois.
N'importe: pendant quinze ans la France a lutté contre toute l'Europe; elle ne peut succomber ainsi.
Paris ferme ses portes et arme ses remparts, la province tout entière se soulève.
En quelques mois, en quelques jours, de nouvelles troupes sont levées. Ce ne sont plus, hélas! les soldats de Rezonville et de Wissembourg. Mais le Français se forme vite au feu.
Il faudra cinq mois encore aux Prussiens pour triompher de cette résistance. Ces bataillons de conscrits, mal armés, à peine équipés, leur tiendront tête, et plus d'une fois l'Allemand étonné sera obligé de s'arrêter dans cette course à travers la France.