Le sujet est bien simple. Un jeune gentilhomme breton, naïf et sincère, arrive à Paris, avec toutes ses croyances, sa foi robuste, son ingénuité. Il se trouve entraîné dans un milieu qui n'est pas le sien, fréquentant des femmes du monde qui sont bizarres, des demi-journalistes et même une demoiselle à la mode que l'auteur a eu tort d'appeler Fiammetta, ce qui donne une date à son récit et le vieillit. Jean de Thommeray ne tarde pas à se corrompre, ou du moins à douter de tout et de lui-même, dans cette atmosphère malsaine. Il a des duels et des aventures; il joue, il se ruine et pendant ce temps son père et ses deux frères mènent, sans se plaindre, une vie laborieuse dans leur manoir breton. Gentilshommes campagnards, ils ont pour loi le travail et le père n'entend plus revoir ce Jean de Thommeray qui n'a pour existence que le hasard.
La guerre arrive. Jean de Thommeray est décidé à fuir Paris, dont il a le dégoût. Un jour, un bataillon de mobiles bretons arrive et se masse dans la cour du Louvre. Le commandant, entouré de ses deux fils, fait l'appel. C'est M. de Thommeray le père. Lorsqu'il a fini, un jeune homme s'avance: Qui êtes-vous?--Un homme qui a mal vécu!--Que voulez-vous?--Bien mourir! Et le commandant appelle: Jean de Thommeray!--Une voix mâle répond: présent!
Tel est ce récit sobre, émouvant, magistral. Il est suivi d'une jolie nouvelle, Le colonel Evrard. C'est un livre à lire.
Jules Claretie.
L'ÉVACUATION EN 1818, D'APRÈS MARLET.
RÉBUS
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS:
Dans divers cas, réfléchis avant de prendre un parti décisif.