Pommier (s'essuyant le front).--Ah! vous m'avez fait une peur ... car je ne suis point un héros, moi, je l'avoue ...
Mme Rambert (souriant; à part).--Cela se voit.
Pommier.--Vous permettez que je ferme cette fenêtre ... le vent du nord est frais, et j'ai la poitrine si délicate ...
Mme Rambert.--A votre aise, M. Pommier ... nous pouvons même allumer du feu.
M. Rambert (bas à Mme Rambert).--Tu es cruelle ...
Pommier.--Merci, belle dame; je crois que ce n'est pas nécessaire aujourd'hui ... (Il se rassied.)
M. Rambert.--Vous êtes arrivé bien tard; il y a peut-être eu un accident au chemin de fer?
Pommier.--Je l'ignore; du reste cela ne m'intéresse guère, car j'ai juré de ne plus employer ce mode de locomotion, depuis que j'ai lu, dans un journal anglais, l'effrayante statistique des accidents arrivés sur les voies ferrées pendant l'année ...
M. Rambert (l'interrompant).--Vous avez pris votre voiture?
Pommier.--Je ne me sers pas de mes chevaux en été, dans la crainte des taons ... Je suis venu sur un chariot conduit par des bœufs; c'est moins prompt, mais plus sûr ...