L'introduction qu'il a placée en tête de ce livre et où, après avoir justement insisté sur la nécessité de connaître la situation de la France avant 1789, si l'on veut comprendre l'œuvre de la Révolution et l'importance des cahiers, cette introduction est un excellent morceau de critique historique. M. Duval étudie les divisions territoriales de la Marche, son organisation judiciaire, son organisation financière, les impôts, les contributions indirectes, la gabelle, la corvée, les banqueroutes royales, la milice, le tirage au sort, les enrôlements forcés, la misère du soldat, les entraves apportées à la liberté du travail multipliant le nombre des bandits, vagabonds, faux-sauniers, et le paupérisme, les disettes, en un mot, tout ce qui amena l'explosion de 89, et la seule lecture de la table d'un tel livre donne à la fois une idée de son importance et un tableau succinct de la vieille France. Un tel ouvrage vaudrait d'être analysé longuement, étudié pas à pas. Je me contente de le signaler et de le recommander tout particulièrement à ceux qui veulent étudier de près les origines de la France nouvelle.

La Dernière bataille, par Frédéric Stampf, traduction de M. Edmond Thiaudière (1 broch. chez Le Chevalier).--Il paraît que l'auteur de ce poème, traduit de l'allemand, M. Frédéric Stampf, était officier dans le 3e régiment d'infanterie de la landwehr prussienne. Son père, républicain, avait été tué en 1848, à Berlin. Après Sedan, il eut l'idée de rimer un poème pacifique bientôt connu, qui le fit dégrader et enfermer dans la citadelle de Spandau. Stampf s'échappa, gagna la Suisse et il y mourut. Il n'avait pas trente-cinq ans. M. Thiaudière a traduit avec amour ce poème d'un Allemand en l'honneur de l'affranchissement des peuples, dont la pauvre France avait eu le glorieux vouloir. Il est rare de rencontrer ces mots, «la pauvre France,» sous la plume d'un Allemand, autrement qu'avec une intention ironique. Mais il paraît que ce malheureux Stampf nous aimait. Que doivent penser de lui ses compatriotes, qui tiennent un peu rigueur à Frédéric le Grand lui-même de ses sympathies françaises? Le poème de Stampf est d'ailleurs, un peu nébuleux; c'est par là qu'il est resté Allemand.

Jules Claretie.

EXPOSITION DE VIENNE

BRONZES DE M. DOMANGE ROLLIN

Chaque nouveau concours international met en évidence les admirables qualités inventives de nos fabricants, depuis les plus grandes maisons jusqu'aux plus modestes, et le monde entier est tributaire du goût français. L'industrie du bronze, éminemment française, parisienne même, peut être comptée au nombre de celles qui offrent le plus vaste champ à l'imagination de nos artistes, soit qu'ils allient ce métal au marbre ou bien au bois, soit qu'ils en combinent les effets avec des métaux plus précieux, tels que l'or et l'argent. En dehors des pièces de grande fabrication, dont le prix est excessivement élevé, nous trouvons journellement des produits accessibles à toutes les bourses et qui se recommandent par d'excellentes qualités de fabrication, la pureté du style et le bon goût qui a présidé à leur création.

EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE.--Les Bronzes de M. Domange Rollin.

Tel a été d'ailleurs l'avis du jury de l'Exposition de Vienne, en décernant un diplôme de mérite à M. Domange Rollin qui expose une collection riche et très-variée de garnitures de cheminée et de petits bronzes.

Les quelques pièces reproduites par notre gravure permettent de juger par le détail des produits de cette maison.