Presque tous les accessoires sont détruits.
Toutes les parties d'orchestre des ouvrages en cours de représentation, déposées pour plus de facilité dans un cabinet près de l'orchestre, ont été brûlées.
Les bustes du foyer ont été détruits. Parmi eux on doit surtout regretter le buste de Sully, et un magnifique buste de Gluck par Houdon. Tous deux avaient été sauvés lors de l'incendie de 1781.
Quelle que soit l'étendue de ce désastre on pouvait craindre qu'il ne fût plus grand encore. On avait toujours considéré comme probable que le feu, s'il venait à dévorer l'Opéra, se communiquerait aux maisons voisines et surtout aux passages. Un concours heureux de circonstances, l'énergie des secours aussitôt qu'ils ont pu être organisés, ont préservé le quartier d'une conflagration qui était sérieusement à redouter; et quand l'incendie était dans sa force, pas un officier de sapeurs, pas un architecte n'eût osé affirmer qu'il ne dépasserait pas les limites dans lesquelles on a pu le circonscrire.
L'Homme-Chien
Une intéressante note de M. Roulin, présentée à l'Académie lundi dernier, parlant de certains cas de monstruosité observés chez l'homme, à propos d'une double exhibition qui a lieu dans ce moment, à Paris, signale l'importance scientifique de ce nouveau sujet d'étude. Nous croyons donc intéresser nos lecteurs en reproduisant ici les dessins et les notes que nous confie notre correspondant, M. Duhousset, qui a examiné de près, dès leur arrivée dans la capitale, les phénomènes qui provoquèrent la note lue à l'Académie des sciences.
«J'ai été visiter Andrian Ieftichjew, phénomène poilu, qui excite la curiosité publique sous le nom Homme-Chien.
«N'ayant ni cheveux, ni barbe, ni moustaches, toute la face ainsi que le crâne et la partie postérieure du cou de ce curieux sujet disparaissent sous une abondance anormale de poils follets monstres qui; atteignent sur le front, le nez et les joues la longueur de la coiffure du chien griffon comme aspect et disposition des mèches, produisant au toucher la sensation qu'on éprouve en caressant un terre-neuve. Il est possible que cette invasion insolite ait amené l'atrophie du système pileux ordinaire, et il faudrait peut-être se garder d'aller chercher au delà d'une maladie de la peau pour en déterminer la cause. On sait depuis longtemps que les anomalies, voire même les déformations artificielles, surtout les altérations de la forme du crâne, nous fournissent des exemples de transmission par la génération, mais, outre que ces cas sont relativement peu nombreux, ils ne persistent pas, et l'état normal reprend ses droits sans que le moindre écart vienne de nouveau troubler son évolution.
Mâchoire de l'homme.