La pile a, comme on peut le voir, des dimensions formidables. Mais il ne faut pas croire que sa force électrique réponde à ce grand déploiement de surface. Elle ne dépasse point celle de trois couples Bunsen de dimensions honnêtes.

Ces gros cylindres en terre poreuse sont bourrés de byoxide de manganèse et de charbon pilé, mélange destiné à absorber le gaz hydrogène produit par l'action d'une solution de chlorhydrate d'ammoniaque sur une lame de zinc.

En homme prudent, M. Gaiffe a installé un appareil susceptible de durer autant que l'Assemblée elle-même. On peut, sans blesser sa modestie ni son patriotisme, dire qu'il semble avoir eu surtout en vue de construire une pile définitive.

Ces premiers pas de l'électricité dans l'enceinte législative ne tarderont pas sans doute à être suivis par d'autres conquêtes.

Si les séances deviennent trop tumultueuses, nous conseillerions à M. Buffet de remplacer son impuissante sonnette par un carillon électrique. Il ferait facilement assez de bruit pour réduire au silence les individualités parlementaires les plus tapageuses.

Comme le nombre des scrutins importants semble devoir aller en grandissant de jour en jour, il ne serait pas inutile de songer à une machine à voter qui dispenserait les députés de défiler à la tribune; au lieu de laisser tomber dans l'urne l'expression de leur part de souveraineté nationale, ils l'expédieraient le long d'un fil et l'enregistreraient à distance ne varietur.

Pour en revenir au système d'allumage que nous venons de décrire, disons, en terminant, qu'il n'est pas nouveau, comme l'ont écrit tous les chroniqueurs parisiens, jusques et y compris les journalistes scientifiques, Il y a huit ans, l'allumage du grand amphithéâtre de la Sorbonne était pratiqué par M. Rhumkorff, à l'aide des mêmes procédés et avec des appareils analogues. Et depuis longtemps, on n'allume pas autrement dans les assemblées républicaines d'Amérique. C'est donc en ligne droite du Capitole de Washington qu'est venu l'allumage électrique à l'Assemblée nationale de Versailles.

W. de Fonvielle.

Royat et sa grotte

A peu de distance de la capitale de l'Auvergne, Clermont-Ferrand, se trouve la curieuse chaîne des monts Dômes, composés de soixante-dix à quatre-vingts cônes volcaniques, vastes ampoules soulevées en un jour de convulsion, à la surface du plateau qui occupe le centre de la France. Ce plateau a une élévation moyenne de 900 mètres, et les cônes ou puys, qui forment du nord au sud une bande de sept à huit lieues de largeur, le surélèvent de 150 à 200 mètres. Toutefois le Puy-de-Dôme, qui occupe à peu près le centre de cette bande, mesure par exception une hauteur de 500 mètres.