GRAVURES
Le général Changarnier.
L'ouverture de la session parlementaire: M. le duc de Broglie lisant le Message du Président de la République à la tribune de l'Assemblée nationale.
L'incendie de l'Opéra: découverte du cadavre du pompier Bellet dans les décombres, après l'incendie.
Le nouvel appareil d'allumage électrique installé au palais de l'Assemblée nationale, à Versailles.
Types et physionomies d'Irlande: paysans irlandais se rendant au marché.
Le gardeur de porcs.
La France pittoresque: la grotte de Royat.
La Sœur perdue, par Mayne Reid (4 gravures).
La vitrine du docteur Pierre, à l'Exposition universelle de Vienne.
Rébus.
HISTOIRE DE LA SEMAINE
FRANCE
Nous sommes en pleine crise, car il semble que chaque réunion de l'Assemblée nationale doive avoir pour effet immédiat de nous faire subir une crise nouvelle. La proposition de prorogation des pouvoirs du maréchal Mac-Mahon, présentée le jour même de la rentrée avait été accueillie, nous l'avons dit la semaine dernière, par une majorité de 14 voix. Or, la commission parlementaire chargée d'examiner cette proposition, nommée, comme on le sait, par les bureaux de l'Assemblée, s'est trouvée, par suite de la répartition des voix dans ces bureaux, être en majorité hostile aux projets du cabinet actuel. Sept membres seulement de cette commission, sur quinze, se sont montrés favorables à cette proposition. Huit s'opposent à son adoption, du moins dans sa teneur actuelle.
Le différend porte toujours sur les lois constitutionnelles, que l'opposition voudrait, comme le demandait M. Dufaure, faire discuter conjointement à la question de prorogation, tandis que le cabinet et la droite désireraient ne les faire venir qu'en second lieu.
Nous n'en finirions pas s'il nous fallait enregistrer toutes les manœuvres de stratégie parlementaire auxquelles a donné lieu cet imbroglio; constatons seulement que, comme la commission est maîtresse de présenter son rapport quand elle le juge convenable, et que l'opposition, qui y prédomine, a intérêt à faire traîner les choses en longueur, la situation serait sans issue sans des concessions importantes venant d'un côté ou de l'autre.
La commission s'est présentée à M. le maréchal de Mac-Mahon et lui a demandé, par l'organe de M. de Rémusat, son président, de trancher les difficultés pendantes par une déclaration en faveur du vote immédiat des lois constitutionnelles; le maréchal a répondu qu'il devait s'en rapporter à ses ministres, à l'Assemblée elle-même, et la commission a dû se retirer sans être guère plus avancée qu'auparavant. En attendant, nous sommes revenus, sauf l'interversion des rôles, à la campagne fameuse de la commission des Trente. Espérons que celle-ci sera moins longue et plus féconde en résultats pratiques.
ALLEMAGNE.
Les élections au Landtag ou Chambre des députés de Prusse, qui ont eu lieu le 2 novembre, ont eu pour résultat de laisser, comme par le passé, une grande majorité au prince de Bismark et au ministère qui représente sa politique. Cependant, la lutte a été très-vive, et cette majorité, tout en restant prépondérante, s'est affaiblie de manière à donner à réfléchir aux hommes politiques allemands, qui n'ont pas craint de froisser les croyances d'une partie notable de la population par des réformes prématurées dans les rapports de l'État avec le clergé. Voici, du reste, comment s'exprime à l'égard de ces élections la Correspondance provinciale, organe officieux du cabinet.