--Où vous êtes, M. le maréchal, cela est bien ainsi.

Et M. le greffier Alla, sur l'ordre de M. le général Pourcet, donna aussitôt lecture du jugement qui venait d'être rendu. C'est le moment de cette scène dramatique que représente notre deuxième dessin.

La lecture finie:

--Eh bien! je suis prêt. On me fusillera quand on voudra, dit le condamné s'adressant au général Pourcet.

--Monsieur le maréchal, répondit celui-ci, j'ai à vous informer que la loi vous accorde vingt-quatre heures pour vous pourvoir en révision contre le jugement que vous venez d'entendre.

--Ah! Et le délai commence?...

--Aujourd'hui à minuit pour finir demain à pareille heure.

--C'est bien. Est-ce tout?

--C'est tout.

Et le maréchal ayant salué, se retira. Nous ne rentrerons pas avec lui dans son appartement, où l'attendait sa famille éplorée. Ici la situation commande et il est de convenance stricte de s'arrêter devant le huis clos des douleurs intimes. Avant de finir, disons un mot de la très-touchante scène que représente notre troisième dessin. Alors que le conseil délibérait, Mme Bazaine, dévorée d'inquiétudes, tour à tour espérant et désespérant, courut à la chapelle de Trianon; et là, agenouillée, les mains jointes, pria avec ferveur, invoquant le ciel en faveur de son mari. Le ciel ne l'a pas exaucée, ai-je entendu dire. Je ne suis pas de cet avis. S'il ne lui a pas accordé pour l'accusé une chose impossible, encore a-t-il fait entrer dans le cœur de ceux de qui dépendait son sort, un sentiment de commisération tel, qu'il les a induits à outrepasser, imprudemment peut-être, en sa faveur, les limites extrêmes de l'indulgence.