Marguerite de Valois.

Rabelais Valois qui avait, comme l'a dit Marot, «corps féminin, cœur d'homme et tête d'ange». Mais ce qui la fait tant et de si loin briller à nos yeux, c'est la supériorité de son esprit, son excessive bonté, son amour pour la poésie, la protection généreuse et intelligente qu'elle accorda, elle catholique, à la réforme. Aussi n'y a-t-il pas lieu de s'étonner des soupçons d'hérésie qui planèrent sur elle, et, à parler franchement, je crois bien qu'au fond elle était un peu hérétique, il est encore une

Marie Stuart. chose digne de remarque, c'est qu'au XVIe siècle, où comme dit Anquetil, les femmes de la cour étaient un objet de scandale, Marguerite pouvait passer pour une vertu, à quelques peccadilles près que nous ont fait connaître la muse indiscrète de Marot qu'elle aima, et cette mauvaise langue de Brantôme. La Marguerite des marguerites eut toujours pour son frère une affection profonde qui, approchant de la faiblesse, s'étendit parfois jusque sur ses maîtresses. Ce fut elle-même qui orna de devises les bagues données par François à la belle comtesse de Chateaubriand, laquelle fut plus reine que Claude-la-Bonne avant la bataille de Pavie, ce qui ne l'empêcha pas, si l'on en croit Varillas, de mourir fort tragiquement, le roi l'ayant abandonnée à son retour. Il nous reste des ouvrages de la reine de Navarre soixante-douze contes que l'on attribue en partie à ses amis; le Miroir de l'âme pécheresse les marguerites de la Marguerite des princesses, pièces recueillies par Sylvius de la Haie; quelques mystères, des farces, une pièce de vers sur la captivité de son frère, enfin le Débat d'amour qu'elle composa à l'âge de cinquante ans et qui n'a pas été imprimé.

L. C.

Gravures extraites de l'Histoire de France racontée à mes petits
enfants, par M. Guizot. (Librairie Hachette et Cie.)

BIBLIOGRAPHIE.

Les Merveilles de l'Industrie ou Description des principales industries modernes, par M. Louis Figuier (2).