Qui vivra verra.
Tom.
LE GRAND COLLIER DE LA LÉGION D'HONNEUR
L'Ordre national de la Légion d'honneur comporte, on le sait, comme insigne, une croix à cinq branches double: d'argent pour les chevaliers, d'or pour les grades supérieurs, elle est attachée par un sumple ruban pour les premiers, et par un ruban surmonté d'une rosette pour les officiers; les commandeurs la portent en sautoir: les grands officiers, sur le côté droit de la poitrine, sous forme de plaque ou étoile en argent diamanté, et les grands-croix, suspendue à un large ruban en écharpe passant sur l'épaule droite.
Mais il existe encore un autre insigne, unique celui-là, le grand collier, qui personnifie et représente en quelque sorte l'ordre tout entier, et ne peut être porté que par le chef de l'État en raison même de sa fonction, et parce qu'elle le constitue en même temps chef souverain et grand-maître de l'ordre.
C'est c'est ce collier de la Légion d'honneur que nous reproduisons ici d'après le dessin original et officiel du bijou qui existe dans la salle du conseil de l'ordre à la Grande-Chancellerie. Au bas du document on lit: «Vu et approuvé, le 11 juillet 1881, Jules Grévy», et au-dessous: «Pour exécution, général Faidherbe».
Comme l'indique cette date le grand collier n'existait plus depuis la chute de l'empire, sous la présidence de M. Grévy, il fut reconstitué sur le modèle actuel par le bijoutier de l'ordre.
Le bijou est en or massif ciselé. Il se compose de deux rangs de faisceaux consulaires séparés entre eux par des étoiles, et entre lesquels courent dix-sept attribut différents, enfermés dans des couronnes de chêne et laurier et représentant les arts, les sciences, l'agriculture, le commerce, l'industrie, etc..., etc.; ces attributs sont séparés eux-mêmes les uns des autres par les lettres H. P. entrelacées (Honneur et Patrie).
L'ensemble forme un collier dont les deux extrémités inférieures viennent se rejoindre sur une double couronne de chêne, laurier et palmes enrubannées, contenant à son centre le monogramme R. F. A la double couronne pend la croix réglementaire. Ce bijou a coûté dix mille francs.
Il doit servir au chef de l'État dans les grandes cérémonies et se transmet à son successeur. La remise lui en est faite officiellement par le grand-chancelier lui-même. Le grand collier de la Légion d'honneur n'est donc pas l'insigne d'un grade personnel, il ne confère aucun privilège, ne comporte aucun traitement.