Quelquefois les deux lignes sont régulières et leurs axes parfaitement parallèles, mais le tout est entouré d'une espèce de pénombre. En général, au contraire, les deux lignes sont tracées avec une régularité absolue et offrent une netteté toute géométrique. Il y a plus, le dédoublement d'un canal fait disparaître les irrégularités qui auraient pu exister dans un canal simple, et même des canaux sensiblement courbes donnent naissance à des géminations parfaitement droites, comme il est arrivé pour la Jamuna en 1882 et pour la Boreosyrtis en 1888.

L'aspect d'une gémination change souvent suivant les époques. En 1882, par exemple, deux bandes de l'Euphrate montraient une sensible convergence vers le nord, tandis qu'en 1888 les deux bandes étaient équidistantes tout du long. L'intervalle entre deux bandes varie également ainsi que la largeur de ces bandes, suivant les années.

Fig. 12.--Lac formé par l'intersection de plusieurs canaux.

Fig. 13. Fig. 14.

Aux points d'intersection où les canaux, simples ou doubles, se rencontrent, on remarque souvent une tache qui donne l'idée d'un lac. L'aspect de ces nouds change d'une manière analogue à celle des canaux. Lorsque les canaux qui, aboutissent à un nœud sont tous invisibles, le nœud est invisible aussi, ou s'annonce tout au plus par une ombre légère et diffuse. L'apparition des canaux, simples ou doubles, donne naissance à une tache confuse, qui parfois se dédouble dans la direction du canal le plus fort. Ainsi, par exemple, en 1881, le canal Protonilus, qui est coupé par l'Euphrate, était double et épais; le lac Isménius, formé par cette intersection, s'est montré sous l'aspect de la fig. 13. En 1888, au contraire, après la gémination de l'Euphrate, ce lac a offert l'aspect de la fig. 14.

Ensuite il reprit sa forme ovale habituelle.

Un phénomène identique a été observé sur le lac de la Lune en 1879 et 1882.