--Parfaitement... Il arrivera même que le désordre gagnera les nerfs gastriques et alors nausées, vomissements...
--Mais enfin, qu'est-ce que cette sacrée maladie? s'exclama Lechantre en croisant les bras et en se posant en face du docteur.
Celui-ci haussa les épaules, leva les yeux au ciel et répliqua lentement:
--Cher monsieur, l'état général est mauvais et il y a des complications... J'avais d'abord traité notre ami pour une hyperkinésie cardiaque...
--Hyperkinésie! interrompit Francis, parlez-moi hébreu tout de suite... Qu'entendez-vous par là?
--C'est, reprit Langlois en souriant, un trouble de l'innervation, la maladie des gens qui ont abusé des travaux intellectuels ou des plaisirs de l'amour, et quelquefois de tous les deux.
--Et c'est grave?
--Quelquefois; mais on en guérit à condition de mener une vie régulière et de s'abstenir de tout excès... Seulement Jacques a fait tout le contraire, à ce qu'il semble, et maintenant je crains une autre affection plus dangereuse et plus mystérieuse... Les symptômes que j'ai observés me font redouter une angine de poitrine.
--Ah! mon Dieu, soupira le pauvre Lechantre effaré; enfin, ça peut se guérir aussi, n'est-ce pas, docteur?
--Hum! repartit Langlois, les cas de guérison sont très rares... et je ne dois pas vous dissimuler que la mort subite peut survenir au milieu d'un accès.