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Qu'est-elle devenue de 1868 à 1872? Personne ne le sait. Avec son adresse habituelle, elle fit annoncer sa mort «dans un couvent de Pau». La nouvelle fut télégraphiée à Madrid, et tout le monde le crut. Mais, au lendemain de la Restauration, on la vit reparaître. Rendons justice à l'esprit libéral de feu Alphonse XII. Il ne voulut pas la voir et il est mort sans la connaître.
La sœur Patrocinio fonda encore un couvent. Elle en a fondé tant! Ce dernier s'appelle le couvent des «Religieuses de la Conception», et se trouve à Guadalajara, capitale de la province du même nom. Suivant son habitude, la sœur, qui en était naturellement la supérieure, fit les choses en grand; c'est dans ce cloître richement installé qu'elle a passé les dernières années de sa vie, correspondant avec trente ou quarante maisons de religieuses fondées par elle. Eloignée de la politique, elle recevait une correspondance quotidienne très volumineuse. On ignorait avec qui elle entretenait cette correspondance et à quel sujet.
Cette femme a toujours vécu enveloppée du plus grand mystère. Atteinte d'une maladie de cœur, elle s'est éteinte à l'âge de quatre-vingt-douze ans. Sa mort a été, d'après ce que disent les religieuses, extrêmement douce. Les sœurs qui la veillaient la croyaient endormie, elle était morte. Elle ne voulait pas mourir encore néanmoins. Huit jours auparavant, on lui parla d'extrême-onction. Avec un accent impératif elle dit: «Non, pas encore!»
Le pape lui a envoyé sa bénédiction. Le peuple de Guadalajara voulait la voir, mais, pour éviter des manifestations, son corps n'a pas été exposé dans l'église.
On l'a enterrée avec ses mitaines...
Eusebio Blasco.
LES FUNÉRAILLES DU PRINCE BAUDOUIN, A BRUXELLES.--Le cortège funèbre traversant la place Royale.