Intérieur de la hutte.
Mais il arrive heureusement aussi que les canards arrivent à bonne portée; alors, retenant leur respiration, les chasseurs les mettent en joue et, au signal donné à mi-voix, font feu tous ensemble; généralement, on exécute une salve du second coup, au moment où les canards s'envolent, offrant ainsi une cible plus large et plus vulnérable. Dans de bonnes conditions, chaque coup doit faire plusieurs victimes.
On sort alors de la hutte et l'on saute dans le bateau plat pour ramasser les morts et les blessés; ces derniers sont quelquefois fort difficiles à prendre, car ils nagent et plongent encore très bien, se dérobant ainsi à la main qui croit les tenir. Il arrive même qu'emporté par son ardeur, le chasseur fait un faux pas, et c'est lui qui prend un bain à son tour. Mais ce sont menus incidents dont il est de bon goût de rire, encore qu'il n'y ait rien là de bien risible. C'est dans cette occasion qu'un bon chien, allant franchement à l'eau, rend de grands services. Le meilleur pour cette chasse est encore un terre-neuve dressé à rapporter.
On se livre à la chasse à la hutte dans la journée, depuis l'aube jusqu'au crépuscule, et il faut véritablement une vocation bien accentuée pour rester ainsi confiné tout le jour dans un étroit espace.
Notre dernière gravure est, en quelque sorte, le pendant de la première, en donnant l'aspect général de l'installation vue de l'autre côté, c'est-à-dire du côté de terre. On en retrouvera facilement les éléments en repérant sur le grand saule du milieu.
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Cette année, par les froids rigoureux que nous avons subis, les étangs de Moret ont été plus particulièrement visités par les canards sauvages et le nombre des pièces abattues s'est élevé à plusieurs centaines.
Entrée de la hutte