--C'était là aussi que mon père plaçait les siens, dit Barincq.
--Procédons à une recherche attentive, dit le juge de paix.
Mais, si attentive que fût cette recherche, elle ne fit pas trouver le testament.
Sans se permettre de toucher à ces papiers Barincq se tenait derrière le notaire et penché par dessus son épaule il le suivait dans son examen, le cœur serré, les yeux troubles; personne ne faisait d'observation inutiles, seul le notaire de temps en temps énonçait la nature de la pièce qu'il venait de parcourir: quand elle était composée de plusieurs feuilles, il les tournait méthodiquement de façon à ne pas laisser passer inaperçu ce qui aurait pu se trouver intercalé entre les pages.
A la fin, ils arrivèrent au fond du tiroir.
--Rien, dit le notaire.
--Rien, répéta le juge de paix.
Ils levèrent alors les yeux sur Barincq et le regardèrent avec un sourire qui lui parut un encouragement à espérer en même temps qu'une félicitation amicale.
--Il se pourrait qu'il n'existât pas de testament, dit le notaire.
--Cela se pourrait parfaitement, répéta le juge de paix.