XIII

En attendant que les formalités pour l'envoi en possession fussent accomplies, Barincq, qui restait à Ourteau, écrivit à sa femme et à sa fille de venir le rejoindre, et, quand elles arrivèrent à Puyoo, elles le trouvèrent au-devant d'elles, avec la vieille calèche pour les emmener au château.

Elles étaient en grand deuil, et, pour la première fois, Anie portait une robe l'habillant à son avantage, sans avoir eu l'ennui de la tailler et de la coudre elle-même, après mille discussions avec sa mère.

Il les fit monter on voiture, et prit la place à reculons:

--Tu verras les Pyrénées, dit-il à Anie.

--A partir de Dax, j'ai aperçu leur silhouette vaporeuse.

--Maintenant tu vas vraiment les voir, dit-il avec une sorte de recueillement.

--Voilà-t-il pas une affaire! interrompit Mme Barincq.

--Mais oui, maman, c'en est une pour moi.

Son père la remercia d'un sourire heureux qui disait sa satisfaction d'être en accord avec elle.