--Parfaitement. Cependant il a insisté, sinon pour avoir une réponse immédiate, au moins pour arranger les choses de façon à ce que cette réponse ne soit point dictée par la seule inspiration. Pour cela il demande que nous allions passer quelquefois la journée du dimanche à Biarritz, où nous le rencontrerons, comme par hasard, et où vous pourrez vous connaître. Ce sera seulement quand cette connaissance sera faite que tu te prononceras.
--As-tu accepté cet arrangement?
--Il aurait dépendu de moi seul que je l'aurais accepté, car il me paraît raisonnable, Biarritz étant un terrain neutre où l'on peut se voir, sans que ces rencontres, plus ou moins fortuites, aient rien de compromettant qui engage l'avenir; cependant cette fois encore j'ai demandé à vous consulter, ta mère et toi. Pouvais-je promettre d'aller à Biarritz, si au premier mot tu m'avais dit que le baron t'était répulsif?
--Il ne me l'est pas; et je suis disposée à croire comme toi que la dot n'est pas ce qu'il cherche dans ce mariage.
--Alors?
--Je ne demande pas mieux que d'aller à Biarritz le dimanche, mais à cette condition qu'il sera bien expliqué et bien compris que cela ne m'engage à rien. Depuis que nous parlons de M. d'Arjuzanx, je fais mon examen de conscience, et je ne trouve en moi qu'une parfaite indifférence à son égard. Ce sentiment, qui, à vrai dire, n'en est pas un ni dans un sens ni dans un autre, changera-t-il quand je le connaîtrai mieux? C'est possible. Mais sincèrement je n'en sais rien.
--Laissons faire le temps.
VII
Pendant quatre dimanches Anie avait vu le baron à Biarritz, mais ses sentiments n'avaient changé en rien; elle en était toujours à l'indifférence, et quand sa mère, quand son père, l'interrogeaient, sa réponse restait la même:
--Attendons.