Dans la lucidité de l'insomnie, tout ce que lui avait dit Rébénacq le jour de l'enterrement et, plus tard, toutes les paroles qui s'étaient échangées pendant l'inventaire entre le notaire, le juge de paix et le greffier, lui revinrent avec netteté et précision pour prouver l'existence de ces doutes et démontrer que le testament avait été repris pour être détruit.
N'étaient-ils pas significatifs, ces chagrins qui avaient attristé les dernières années de Gaston? et son inquiétude, sa méfiance, constatées par Rébénacq, ne l'étaient-elles pas aussi? pour le notaire il n'y avait pas eu hésitation: chagrins et inquiétudes qui, selon ses expressions mêmes, «avaient empoisonné la fin de sa vie», provenaient des doutes qui portaient sur la question de savoir s'il était ou n'était pas le père du capitaine. Si pour presque tout le monde sa paternité était certaine, pour lui elle ne l'était pas, puisque ses doutes l'avaient empêché de reconnaître celui qu'on lui donnait pour fils et que lui-même n'acceptait pas comme tel.
(A suivre.)
Hector Malot.