M. SICARD, le nouveau
juge des appellations.

L'assermentation de M. Sicard jurant sur les Évangiles de «respecter et de maintenir les coutumes écrites et non écrites d'Andorre» mérite une mention spéciale. C'est dans le vieux palais des Vallées, qu'elle a eu lieu devant le conseil général assemblé.

La salle des séances communique avec une chapelle par une grande porte à deux battants. Le nouveau juge, après s'être recueilli quelques instants devant l'autel, traverse la double haie des conseillers vêtus de noir, et prononce devant le syndic des vallées la formule sacramentelle.

M. PALLEROLA,
viguier épiscopal.

Dans la pièce à côté, la table est dressée pour un vrai festin de Gargantua, dont le menu invraisemblable contraste avec les habitudes frugales des Andorrans.

Rien de modeste, en effet, comme le repas pris quotidiennement en commun entre deux séances du conseil: un simple bouillon avalé à la hâte, debout, dans le réfectoire. Voilà pour le déjeuner. Entre temps, on se réunit dans la cuisine du Palais, et c'est là, auprès des marmites fumantes, que l'on s'entretient des intérêts de la Vallée, que l'on discute la question du Casino dont un parti fin de siècle voudrait favoriser l'établissement, ou du télégraphe qui, à peine installé, il y a quelques années, avait été violemment détruit par le parti «conservateur». Qui l'emportera dans la lutte engagée à cette heure entre les éléments jeunes, animés de l'esprit moderne, et les vieux Andorrans fidèles au passé? Toutes nos sympathies, nous l'avouons sans réserves, sont acquises à ces derniers.

Eug. Burnand.

Le Palais des Vallées.