LE GÉNÉRAL APPERT
D'après la photographie de la maison Appert.

On peut en trois dates résumer cette noble existence: Appert gagna sa croix de chevalier de la Légion d'honneur à la bataille de l'Isly; il fut fait grand-officier à Champigny; il a été fait grand-croix au retour de son ambassade à Saint-Pétersbourg. Ainsi, notre glorieuse conquête algérienne, l'héroïsme de la défense nationale, l'habile préparation de nos ententes internationales, les jours de gloire, les jours de deuil et les jours d'espérance de la patrie, doivent quelque chose au général Appert.

Il était né à Saint-Rémy-sur-Bucy (Marne) en 1817. A dix-neuf ans, il entrait à l'École de Saint-Cyr, puis il passait par l'École d'état-major et était nommé lieutenant en 1842. C'est sur la terre d'Afrique que le lieutenant Appert fait ses débuts.

En 1853 le chef de bataillon Appert rentre en France, mais ce n'est point pour longtemps. L'année suivante, on va se battre en Crimée. Appert y est, avec le maréchal Pélissier, qui fut séduit par les brillantes et aimables qualités de son aide-de-camp, et voulut l'emmener avec lui quand il alla à Londres, en 1858, comme ambassadeur. C'est là que Appert fit son apprentissage de diplomate.

Nommé divisionnaire en 1875, le général Appert a commandé de 1880 à 1882 le 17e corps d'armée à Toulouse. Sa carrière militaire devait s'arrêter là, mais il avait encore assez de verdeur d'esprit, et toujours assez de dévouement patriotique pour se tenir prêt à répondre à l'appel de son pays. Il fut appelé à l'ambassade de Saint-Pétersbourg et rendit à la France dans ce haut poste des services que nous n'avons pas oubliés.

RÉEMPOISSONNEMENT DE LA SEINE

Il y a quelques jours a eu lieu à Bougival, un peu au-dessous du barrage de la machine de Marly, l'immersion de 10,000 alevins de truites et de saumons de Californie destinés a réempoissonner la Seine dépeuplée, dans cette région, par les explosions de dynamite qui, l'hiver dernier, assurèrent la dislocation de la banquise formée en cet endroit.

L'opération, assez simple en elle-même, avait attiré un grand nombre de curieux en raison de la publicité exceptionnelle donnée au conflit provoqué par un ingénieur des ponts-et-chaussées qui, sous prétexte qu'il n'avait pas été consulté, s'était opposé à l'immersion des petits poissons. L'affaire se termina, comme on sait, par une forte mercuriale de M. Yves Guyot à l'adresse de son trop zélé subordonné.

Il eût été d'ailleurs bien dommage que cet essai si intéressant n'eut pas lieu, et ne vint, point corroborer les résultats favorables déjà obtenus.