--Mais il n'était pas absurde, il me semble, de supposer que c'était le changement des sentiments de Gaston envers celui qu'il avait cru son fils jusqu'à ce jour qui modifiait ses dispositions testamentaires?

--Pas du tout, cela paraissait raisonnable, vraisemblable, probant même. Mais les suppositions pour expliquer le changement de volonté de Gaston auraient pu, à ce moment, se porter d'un autre côté; du tien, par exemple.

--Du mien!

--Assurément. Si Gaston m'a un mois avant sa mort repris le testament qu'il avait fait plusieurs années auparavant, c'est qu'à ce moment cet acte n'exprimait plus sa volonté.

--N'est-ce pas?

--Cela est incontestable. Mais quelle volonté? A qui s'appliquait-elle? Au capitaine? A toi? Dans mes suppositions je partais de l'idée que Gaston avait voulu changer ses dispositions en faveur du capitaine. Mais pour être complet il aurait fallu partir aussi d'un point tout différent et admettre qu'il avait très bien pu vouloir changer celles faites en ta faveur ou à ton détriment.

--Mais c'est vrai, ce que tu dis là!

--Tu n'y avais pas pensé?

--Non... Oh non!

Non, assurément il n'y avait pas pensé, mais maintenant tout ce qu'il avait si laborieusement bâti s'écroulait.