L'attentat où le tsarévitch a failli trouver la mort est un triste épisode de ce voyage qu'il a fait à bord du Pamyat-Azowa et au cours duquel il a recueilli partout sur son passage des marques de la plus respectueuse sympathie.
Son arrivée, le 28 mars, à Saigon, dans notre belle colonie de la Cochinchine, a été tout particulièrement l'occasion de ces manifestations; rien n'a été négligé pour donner à sa réception et à son court séjour un merveilleux éclat.
LE TSAREVITCH
Voici quelques vues représentant les principaux épisodes des trois journées que le prince y a passées.
C'est d'abord l'escadre russe mouillée dans le fleuve en face de la ville. A gauche, au fond, le Pamyat-Azowa accosté aux appontements; puis le Wladimir-Monomach, le Koraieff, le Mandjour, qu'entourent au premier plan comme pour leur faire une garde d'honneur, la Loire, la Caronade et l'Alouette.
Le jour même de son arrivée, à 5 heures du soir, le prince, après avoir reçu à bord du Pamyat-Azowa les visites des autorités de la colonie, débarque à son tour pour se rendre au palais du gouvernement où un grand dîner est donné en son honneur. Le cortège passe à travers une double haie de troupes et au milieu d'une foule immense sous l'arc de triomphe splendide que l'on voit élevé sur la place Rigault de Genouilly, hommage de la population saïgonnaise au tsarévitch.
Le lendemain, une grande revue avait lieu sur le boulevard Charner. Notre gravure représente la tribune officielle. Au milieu le tsarévitch; à sa droite, M. Piquet, gouverneur de la Cochinchine; à sa gauche, le prince Georges de Grèce; devant la tribune, le 11e régiment d'infanterie de marine rend les honneurs, pendant que défilent successivement les compagnies de débarquement de l'escadre, les tirailleurs annamites et une batterie d'artillerie.
Le troisième jour, enfin, avait lieu le bal sur le vaisseau la Loire, dernière et merveilleuse fête offerte au prince. Le pont avait été magnifiquement aménagé, et, avec ses trophées d'armes se détachant sur les massifs de verdure, formait une salle de bal admirable.
Le lendemain, le tsarévitch partait, non sans avoir témoigné à plusieurs reprises sa satisfaction, et emportait de cette terre française un souvenir qu'il gardera et des preuves non équivoques de la profonde et respectueuse sympathie de tous.