On sait que les torpilles automobiles sont des appareils, véritables projectiles, qui, par le jeu d'un moteur contenu dans leurs flancs, se meuvent en avant, entre deux eaux, dans une direction donnée, et font explosion au contact du but visé. Mais elles présentent cet inconvénient que, lorsqu'elles ont quitté l'appareil de lancement, elles sont à la merci des flots et ne peuvent pas, par elles-mêmes, rectifier la direction primitivement donnée, de telle sorte qu'elles manquent souvent le but.

Pour obvier à cette imperfection capitale, on a imaginé les torpilles automobiles dirigeables, conservant avec le point de départ une communication qui permet de diriger, de modifier au besoin leur allure et leur marche, enfin de produire l'explosion au moment voulu.

C'est dans cet ordre d'idées qu'a été conçue et exécutée la torpille Sims-Edison que représentent nos dessins.

Elle se compose de deux parties: le flotteur et le poisson.

Le flotteur en feuilles de cuivre laminé est rempli d'une substance légère, insubmersible. Il n'est là que pour soutenir le poisson à un niveau constant au-dessous de la surface de l'eau; son avant est, en effet, taillé en forme d'étrave très oblique et très tranchante pour lui permettre de glisser au-dessous des obstacles ou de les fendre pour les traverser. Le poisson, qui est la torpille proprement dite, est relié au flotteur par des entretoises d'acier. Ces dispositions se voient bien sur notre dessin.

Le flotteur est formé de quatre compartiments étanches: celui de l'avant renferme l'explosif dont la charge peut être portée à 225 kilogrammes; le second compartiment ne renferme que de l'air, il sert à isoler la partie explosive; le troisième contient 3,500 mètres de câble, composé de 2 fils, soigneusement enroulé sur une bobine creuse et pouvant se dérouler par l'arrière de la torpille au moyen d'un tube qui y est adapté. Ce câble a 1 centimètre de diamètre seulement et une densité égale à celle de l'eau de mer, de telle sorte que, déroulé, il flotte, et que l'eau qui s'introduit à sa place dans l'appareil n'en augmente pas le poids.

Le compartiment de l'arrière renferme le moteur électrique qui actionne à 800 tours à la minute l'hélice, et donne une vitesse de 20 nœuds. Il est surmonté d'un petit gouvernail.

Le poids total de la torpille est de 1,360 kilogrammes, sa longueur est de 8 mètres. Elle se met à l'eau au moyen de porte-manteaux comme un canot ordinaire. Une petite sphère rouge de repère, placée au-dessus de l'eau à son avant, permet d'en suivre les évolutions.

Voyons comment on va pouvoir la diriger. Notre dessin représente l'opérateur à l'œuvre.

Une machine placée à terre fournit le courant continu, lequel traverse une table de commutation devant laquelle l'opérateur est placé.