Le conflit Italo-Américain.--La solution à laquelle s'est arrêté le gouvernement des États-Unis, dans l'affaire du lynchage de la Nouvelle-Orléans, est loin de constituer une satisfaction pour l'Italie.

Après une enquête qui a duré six semaines sur l'assassinat du chef de la police, M. Hennessy, et sur celui des Italiens, le grand jury a résumé ses travaux dans un rapport, qui est en somme la justification non dissimulée des lyncheurs. D'après ce rapport, le rassemblement du 14 mars était composé de plusieurs milliers de personnes, et les citoyens les plus influents y ont pris part, «usant de leur droit de discuter les graves questions qui intéressent la ville» et plus loin: «Vivement impressionné par un désir de justice dû au parjure et à la subordination, le peuple, dans un élan spontané, a agi de telle façon qu'il serait difficile de déterminer le degré de responsabilité de chacun. L'enquête détaillée ne révèle aucun fait qui puisse autoriser la mise en accusation des personnes dénoncées.»

Le gouvernement de Washington s'est donc trouvé dans un grand embarras, pris entre les obligations que lui créent les principes du droit international et la constitution des États qui ne lui permet pas d'intervenir à la Nouvelle-Orléans. Il y a là une situation anormale et il n'est pas étonnant que le gouvernement italien ait réellement l'intention qu'on lui prête d'adresser prochainement à toute les puissances une circulaire sur cette question. Cette circulaire aurait pour but de démontrer la nécessité d'une action solidaire, et d'une entente en vue d'obtenir du gouvernement des États-Unis qu'il trouve le moyen de garantir aux États européens la protection de leurs sujets, sur quelque point que ce soit du territoire de l'Union.

En attendant, le consul d'Italie à la Nouvelle-Orléans a été rappelé à Rome pour donner des explications détaillées sur les incidents qui se sont produits dans cette ville depuis le mois d'octobre dernier. On n'a pas manqué de voir dans cette résolution du gouvernement italien le parti-pris de rompre d'une façon presque absolue toutes relations diplomatiques avec le gouvernement des États-Unis. Aussi le bruit a-t-il couru que M. Porter, ministre des États-Unis à Rome, allait être à son tour rappelé. Mais celui-ci a fait aussitôt démentir ce bruit et a déclaré publiquement qu'il ne songeait nullement à quitter l'Italie, par la raison que son gouvernement considère comme certaine la conclusion d'un règlement amiable du différend. D'après M. Porter, il se pourrait que, si les deux gouvernements ne réussissent pas à se mettre d'accord, l'affaire fût soumise à un arbitrage.

Nécrologie.--M. J. J. Weiss, homme de lettres.

M. Champigny, président du tribunal de Meaux.

M. Jean Pierre Bonafont, médecin principal des armées de terre.

Le général de division Charles-Claude Munier.

M. Adrien du Sommerard, ancien directeur du Crédit foncier de France, descendant du fondateur du Musée de Cluny.

Le poète provençal Joseph Roumanille.