Dans la Bibliothèque des Grands écrivains français (Hachette), à lire le Bernardin de Saint-Pierre, par Arvède Barine, un livre d'une très fine analyse et d'une grande élégance de style. L'hommage était bien dû à cet écrivain un peu oublié de ses successeurs de lettres qui lui doivent tant, mais vivant encore auprès de ce public bien autrement fidèle, le peuple, qui n'oublie jamais ce qui l'a profondément touché et à ce titre conservera la mémoire éternelle de Paul et de Virginie.
LE VOYAGE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE.
Le voyage du président de la République dans le Sud-Ouest a conservé jusqu'au bout son caractère d'enthousiaste cordialité. Nous ne pouvons relever ici tous les épisodes de cette excursion si intéressante à tous égards; contentons-nous de souligner les scènes qui avaient, à côté de leur signification patriotique, un cachet de pittoresque tout particulier.
D'abord, à Toulouse, au moment où le cortège présidentiel est arrivé devant l'arc-de-triomphe des gymnastes. La foule accourue de toutes parts, pour rendre hommage au chef de l'État, se tenait dans les rues et les places trop étroites pour une telle affluence. Et rien n'était plus joli que la vue des gymnastes agiles accrochas de tout côtés à l'arc-de-triomphe lui-même: c'étaient de véritables grappes humaines qui formaient, autour du monument, de singuliers festons.
Nous arrivons à Pau. M. Carnot a couché au château qui garde le souvenir d'Henri IV; il a dormi dans la chambre même de Jeanne d'Albret, la mère du Béarnais. Les populations d'alentour viennent lui souhaiter la bienvenue pendant son séjour rapide. Voici la délégation de la vallée d'Ossau que l'on se montre avec curiosité. Ils sont vraiment curieux à voir ces montagnards râblés, à l'œil vif, à la démarche fière. Un jeune garçon, revêtu lui aussi du costume national, se détache du groupe et offre à M. Carnot deux charmants petits sabots couverts de cuir noir, dans une boîte en velours rouge.
LES FÊTES UNIVERSITAIRES DE LAUSANNE
Lausanne, la vieille cité vaudoise si pittoresquement assise au penchant des derniers contreforts du mont Jorat, conviait la semaine dernière à une réunion toute internationale les plus célèbres représentants du haut enseignement en Europe, et la brillante jeunesse des étudiants suisses et étrangers. Il s'agissait de fêter dignement la transformation de son Académie en Université, et si le soleil, premier invité aux réjouissances, a mis peu d'empressement à répondre aux pressantes sollicitations qui lui ont été faites, il n'en a pas été de même des professeurs et étudiants étrangers qui se sont rendus en très grand nombre à ces solennités: l'accueil si cordial qui leur a partout été fait leur laissera pour longtemps un charmant souvenir de l'hospitalité suisse.
Le lundi tous les professeurs et étudiants, arrivés de la veille, assistaient à un service religieux d'inauguration dans la vieille cathédrale, et se formaient ensuite en cortège pour se rendre au théâtre où devaient être prononcés les discours officiels. Peu après les invités prenaient place à un grand banquet organisé à la Grenette, halle aux blés qui, pour la circonstance, avait été agrandie d'une tente pavoisée aux couleurs fédérales et cantonales.
Rien aussi n'était plus pittoresque que l'aspect de la place Montbenon le lendemain, au moment où 2,000 enfants des différents pensionnats et écoles de Lausanne, groupés sur les degrés et sur une estrade devant le beau monument du tribunal fédéral, unissaient leurs voix fraîches et argentines pour chanter la cantate Pestalozzi. Enfin, un des clous de cette fête a été la promenade sur le Haut-Lac à l'aide de trois grands bateaux qui transportèrent à Montreux tous les invités.