Balzac sera bien placé dans ce centre parisien, bruyant, vivant, turbulent, affairé, et les tramways lui sembleront bizarres, à lui, l'homme des cabriolets, autant que les grands magasins du Louvre, dont il sera le voisin, pourront sembler gigantesques au peintre de la petite Maison du Chat qui pelote. Il l'avait deviné notre Paris international, ce Balzac qui a prévu et prédit tant de choses; mais, c'est égal, Paris le laisserait quelque peu stupéfait sur certains points. Balzac paraîtrait provincial à nos reporters.

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Le plus joli coup de reportage a été celui que certain interviewer, qui doit être un jeune homme, a fait à propos de l'impératrice. En ouvrant un journal, on a été surpris, l'autre jour, d'y voir le récit d'une conversation de l'impératrice Eugénie avec un journaliste dans un appartement de l'Hôtel Continental. Description de l'impératrice. Cheveux blancs, yeux tristes, un peu voûtée. Echange de propos.

--Je suis heureuse d'être dans une ville où l'on parle français.

Et, axiome final--répété par plusieurs journaux:

--L'Empire?... L'Empire est mort avec mon fils!

C'était très intéressant. C'était même dramatique. Le malheur, c'est que cela n'a jamais été dit.

L'impératrice n'a reçu aucun reporter et n'a confié ses sentiments sur l'empire à personne.

Et voilà cependant comme on écrit l'histoire!

Dans quelques années, il n'en sera pas moins acquis par la chronique qu'un jour de juin, dans une chambre d'hôtel, celle qui fut la mère du Prince Impérial a dit: