Enfin, c'est un métal précieux pour les laboratoires de chimie et de physique, où, très résistant à la chaleur et très malléable en même temps, il sert à faire des creusets, des cornues, des tubes, pour différentes réactions exigeant une haute température ou l'intervention d'acides très puissants. Dans nos appartements, le platine sert encore, sous forme de mousse, à allumer les becs de gaz, sans allumettes: il a le pouvoir, en absorbant les gaz, de s'échauffer assez pour les enflammer. A l'état naturel, le platine se présente sous la forme de paillettes ou de petits grains irréguliers; on le trouve le plus souvent parmi les produits de désagrégation des roches anciennes, avec d'autres métaux lourds, le fer et l'or en particulier.

A Madagascar, c'est avec l'or qu'on l'a découvert et, étant donnée sa valeur commerciale, c'est une acquisition précieuse. On va explorer attentivement la rivière de l'Isonjo et ses affluents, pour mettre la main, si possible, sur les roches d'où proviennent les débris découverts à Bemahala, sur le gisement original du métal si recherché. Il faut espérer que le gisement sera assez riche pour qu'il vaille la peine d'en faire l'exploitation méthodique.

Comment se comportent les glaciers.

On sait qu'il existe une commission internationale des glaciers qui s'est chargée de la surveillance des montagnes et de leurs glaciers Le but de cette commission est principalement scientifique: il s'agit simplement de savoir si les glaciers augmentent ou diminuent, les variations fournissant des indications sur les tendances générales du climat, sur les probabilités de périodes chaudes ou froides, sèches ou humides; il est en outre intéressant de suivre les variations des glaciers en corrélation avec les études météorologiques qui se font sur l'ensemble du globe. Enfin, les études sur les glaciers présentent un intérêt pratique en indiquant les oscillations probables des sources et des torrents constituant la houille blanche. Chaque année la commission publie un rapport d'ensemble. Celui qui vient de paraître nous fait savoir qu'en Suisse la plupart des glaciers sont en décrue ou stationnaires. Il y en a treize qui présentent une légère crue: trois seuls sont en crue certaine, ce sont trois affluents du Rhône. Dans les Alpes autrichiennes, il en va assez généralement de même: les glaciers qui reculent sont plus nombreux que les glaciers qui avancent. En Dauphiné, d'après M. Kilian, recul général: il y a même des glaciers qui semblent devoir mourir à brève échéance, leur décrue persistant depuis trente et quarante ans. Il est vrai qu'ils pourront un jour ressusciter. Et il en est qui ont la vie dure: les glaciers de Porteras et de la Grande Roche du Lauzou sont quasi morts depuis vingt ans; mais ils n'ont pas totalement disparu encore. Partout il y a recul dans le Dauphiné, et ceci n'est pas encourageant pour les nombreuses industries qui vivent de la force hydraulique.

Il y a eu, de 1860 à 1891, un mouvement de recul très prononcé. Depuis 1893, ce mouvement s'est ralenti, mais il existe toujours. Sans doute, il s'arrêtera avant longtemps pour être remplacé par une crue qui durera un certain nombre d'années.

La destruction de l'oeuf d'hiver du phyloxéra par le lysol.

Est-il possible de maintenir indemnes de l'invasion phylloxérique les vignes non atteintes, aussi bien que les plantations nouvelles? M. Balbiani l'avait autrefois affirmé et de récentes expériences de M. G. Cantin démontrent la légitimité de cette prétention.

En trempant des boutures, avant la plantation, dans une solution de lysol à 1%, et en soumettant chaque année les jeunes plants à une simple pulvérisation effectuée au commencement de mars, après la taille, avec une solution d'eau lysolée à 4%, M. Cantin a obtenu, depuis quatre ans la préservation parfaite de plants français francs de pied. La vigne n'a d'ailleurs nullement souffert du traitement, bien au contraire.

Le cancer contagieux des souris.

On n'a pas encore trouvé le microbe du cancer, mais tout porte à croire que le cancer est une maladie microbienne et le fait que, chez certaines espèces, on voit se produire de véritables épidémies de cancer est une preuve suffisante de la nature animée de la cause du mal.