C'était une des figures les plus connues du monde judiciaire; l'éminent juriste avait acquis une grande notoriété dans toute l'Europe, où pendant tant d'années il avait présidé les congrès internationaux de propriété littéraire, artistique ou industrielle. On le considérait comme un maître sans égal en cette matière, presque comme un créateur. Ses avis, ses consultations ont été l'origine ou la base de nombreuses lois. Il avait apporté à l'étude de ces questions difficiles une véritable passion et l'ensemble de ses écrits constitue une oeuvre durable.
Son Dictionnaire de la propriété artistique, ses traités théoriques et pratiques (dessins, marques de fabrique, propriété littéraire, conventions internationales, etc.), font autorité.
Ce laborieux jurisconsulte était en même temps un des avocats les plus occupés du Palais, où il plaidait les affaires les plus ardues avec autant de vigueur que de compétence.
Pendant son bâtonnat, en 1896, il avait rétabli au Palais même les consultations gratuites pour les indigents.
Me Pouillet était chevalier de la Légion d'honneur.
Ses obsèques ont été célébrées à Paris au milieu d'une assistance considérable; le conseil de l'ordre y était représenté par une délégation de trente-deux membres ayant à sa tête Me Bourdillon, le bâtonnier en exercice.
M. Heyerdall, étudiant norvégien,
faisant, en skis, un saut de
24 mètres.--Phot. Krenn.
UN CHAMPIONNAT DE SKIS
Il y a des années déjà que le ski est considéré, en Scandinavie, comme le premier des sports nationaux,--mieux, comme «le sport des sports», disait, en 1895, présidant le Grand Prix de Kristiania, dont l'Illustration alors, rendit compte, M. Roll, un fanatique. De la Suède et de la Norvège, le ski a peu à peu conquis l'Europe. On sait que plusieurs armées en ont doté leurs troupes de montagne. En Suisse, on le pratique avec frénésie et, tout récemment, un championnat organisé à Claris mettait en présence des coureurs nationaux, des soldats des troupes du Saint-Cothard, avec des champions du ski venus de Norvège et de Suède. Là, on vit l'un de ces derniers, un étudiant norvégien, M. Heyerdall, accomplir cette prouesse peu banale de faire, avec ses skis, un saut de 24 mètres de longueur dans le vide, à l'extrémité d'une pente, parcourue à une vitesse vertigineuse. C'est au cours de cet exercice, beaucoup moins périlleux, parait-il, qu'on ne serait tenté de le croire, qu'a été prise la photographie que nous reproduisons.