Ce n'est pas qu'il y ait rien à attendre de pareil des Hindous, gens timides pour la plupart, divisés en mille castes, désarmés et manquant de la suprême énergie des Nippons. Ce n'est pas, non plus, que la puissance anglaise s'exerce avec toute la tyrannie que l'on prétend; il faut être juste avant tout. Ce qu'on peut reprocher aux Anglais avec le plus de vérité, c'est leur esprit d'exclusivisme, leur morgue invincible et une indéniable oppression financière. Mais, en revanche, on doit reconnaître qu'ils ont donné au pays le bienfait de la paix, qu'ils l'ont doté d'une justice impartiale telle qu'il n'en avait jamais connu et l'ont couvert d'admirables travaux publics. Pourtant, on est en présence d'un fait indéniable, qui doit avoir ses causes: c'est que l'opposition des indigènes prend corps et s'affirme de plus en plus.
Depuis 1885, un congrès national indien, organe de cette opposition naissante, se tient, chaque année, dans une ville nouvelle de l'Inde, pour consigner ses revendications dans des cahiers curieux à consulter.
Celui de 1904 s'est tenu à Bombay, du 26 au 29 décembre: par le nombre et l'importance de ses délégués, il a eu une portée exceptionnelle. La séance d'ouverture s'est tenue dans un élégant pandal, fait de bambous, de nattes et de mousselines légères. Dix mille personnes y étaient réunies. On eût dit les états généraux de l'Inde s'établissant de leur propre mouvement. On sentait, dans cette vaste audience, comme un courant fait d'aspirations vagues, d'émotions contenues, de désir de lutte, avec un souffle d'orage, précurseur des tempêtes futures.
La réunion de tant de types divers et de tous ces costumes chatoyants et variés offrait à l'oeil un tableau d'un pittoresque extrême; mais tout désir de s'y arrêter disparaissait devant l'espèce d'oppression et de nervosisme auxquels les assistants semblaient en proie, ainsi que devant l'expression grave, je dirais même solennelle de ces visages, à l'ordinaire reposés et souriants. Ce qui donnait, d'ailleurs, à ce congrès une importance toute spéciale, c'est qu'un Anglais du parti libéral, sir Henry Cotton, était venu exprès de Londres pour le présider. Or, sir Cotton n'est pas le premier venu: c'est un ancien membre du Civil Service de l'Inde, retraité, dernièrement, étant haut commissaire de la province d'Assam.
Que sortira-t-il, allez-vous demander, de ce 20e congrès? Rien, sans doute, ou peu de chose, pas plus que des 19 autres qui l'ont précédé. L'Inde n'est pas le pays des changements précipités. Mais, dans l'état troublé des choses sur la planète, il est impossible de ne pas s'intéresser à un mouvement qui met en un pareil émoi le cinquième de la race humaine: il est certainement gros de conséquences pour l'avenir.
ENCORE LE GUI DU CHÊNE.
Tous les lecteurs qui ont bien voulu répondre à notre appel, en ce qui concerne le gui du chêne, confirment que la présence du gui sur le chêne est une véritable rareté. Aussi la Touraine peut-elle éprouver quelque orgueil à posséder deux chênes à gui qui nous sont signalés par un de nos correspondants, au Breuil, près de Cinq-Mars et de Langeais. Voilà le Midi battu par le Centre. D'autre part nous voyons, par le Bulletin de la Société forestière de Franche-Comté et Belfort pour 1903, qu'un beau chêne porte-gui a été signalé par M. E. Gilardoni, conservateur des eaux et forêts à Dijon. M. Gilardoni a publié une bonne photographie de ce chêne, qui se trouve dans les forêts de Villy-le-Brûlé (canton de Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or), près de l'ancienne voie romaine de Lyon à Langres). Ce chêne a 3m,40 de circonférence à hauteur d'homme, et il est littéralement couvert de gui, ce qui, du reste, lui sera fatal, car il dépérit manifestement. Il y a deux autres chênes porte-gui dans la Côte-d'Or, à la connaissance de M. E. Gilardoni: l'un, chêne pédonculé, dans la forêt de Lonchamp, près du village de Premières, arbre vieux et dépérissant; l'autre, dans la forêt de Grange-Neuve, canton de Nuits. Mais ces deux chênes ne portent que quelques touffes de gui, au lieu que celui de Villy-le-Brûlé en est couvert. M. Gilardoni a encore rencontré un chêne porte-gui dans la forêt de Chaux (Jura); et il n'y avait qu'un seul chêne de ce genre dans toute la forêt qui couvre pourtant 20.000 hectares. D'après la Flore forestière de Mathieu, c'est dans les forêts de la France centrale, aux environs de Blois, notamment, que les chênes porte-gui seraient le moins rares et, d'après le Bulletin de la Société forestière de Franche-Comté, un chêne de ce genre existait il y a quelques années aux environs de Troyes.
LE GOÛT DU LAIT DE CHÈVRE.
Toutes les personnes qui ont bu du lait de chèvre savent que ce liquide, précieux parce qu'il n'est jamais suspect de tuberculose, possède un goût et une odeur auxquels beaucoup d'entre elles ne peuvent s'habituer.
Ces qualités fâcheuses ne sont d'ailleurs pas inévitables, et le lait de certains animaux et surtout de certaines races en est exempt.