Documents et Informations.

Kiosque téléphonique public
à Stockholm.

La téléphonie pratique à Stockholm.

Heureux habitants de Stockholm et que leur sort nous apparaît enviable!

Alors que, chez nous, pour téléphoner à notre femme que nous ne rentrons pas dîner, à un ami que nous venons dans une demi-heure le surprendre et partager son brouet, il nous faut courir à la recherche d'un bureau de poste, solliciter l'employé embusqué derrière son grillage, subir l'interminable attente d'un tour problématique, si bien que le mieux que nous ayons à faire est souvent de prendre une voiture,--ils ont, là-bas, le long de promenades, de commodes cabines pas beaucoup plus décoratives, évidemment, que les kiosques de nos boulevards, mais ingénieusement disposées, avec leur partie inférieure à claire-voie, pour qu'on puisse voir, en passant, si elles sont occupées. Et de là, moyennant dix centimes glissés dans une fente semblable à celle de nos distributeurs automatiques, on met en branle la sonnette d'appel et,--qui sait,--peut-être a-t-on immédiatement, sans poser si peu que ce soit, la communication demandée.

Le thé chez le dinosaure.

«Dinosaures, dit le dictionnaire, du grec deinos, terrible, et sauros, lézard, sauriens de très grande taille qu'on trouve à l'état fossile.» Les dinosaures étaient donc de monstrueux lézards qui existèrent, aux époques géologiques, aux temps indéterminés où se formaient les terrains appelés, par les savants, jurassiques. Et ils vivaient, croit-on, à en juger par leur structure dont quelques caractères l'appellent les plantigrades, d'autres les sauriens amphibies, crocodiles et caïmans, moitié sur les arbres et moitié dans l'eau.

Les restes d'un de ces dinosaures, d'une variété appelée brontosaure, furent découverts en 1897, aux Etats-Unis, dans les montagnes Rocheuses. On passa deux années à extraire du sol le fossile. Les cinq années suivantes furent employées à nettoyer les ossements et à reconstituer le squelette. Cette besogne délicate vient seulement d'être achevée. Alors, le Muséum américain d'histoire naturelle, à New-York, tout fier d'être le seul au monde qui, actuellement, puisse montrer une pièce pareille, a, pour l'inaugurer, la présenter au public, convié un certain nombre de sommités scientifiques et, tout naturellement, dans un but de vulgarisation, des hommes du monde et de gracieuses femmes à un thé aussi élégant que pittoresque.

Les tables étaient dressées dans la salle même où le brontosaure érige sa formidable armature. Et ce dut être un spectacle fort amusant et, en tout cas, inattendu que celui de cette foule d'invités corrects, de professional beauties habillées à la dernière mode, fleur de la société new-yorkaise, évoluant, discutant, caquetant, autour de ces tables fleuries servies par de raides maîtres d'hôtel en frac et plastron glacé, devant ce squelette de vingt mètres de long, monstrueux vestige d'un animal contemporain de quelque déluge plus ancien encore que ceux que virent Deucalion ou Noé.