D'ailleurs, à mesure que les essais se multiplient, la réalité de la défense des vignobles par ce procédé parait moins contestable, et il n'est pas douteux que les canons, les fusées ou les bombes fonctionnent comme de véritables paratonnerres, agissant au sein même des nuages.
Le «MOELLEUX» DES VINS.
On sait combien les gourmets apprécient la qualité connue sous la dénomination de moelleux des vins, c'est-à-dire cette sorte de velouté, très sensible au goût, et qui donne au vin tant de qualité.
M. Müntz, de l'Institut, a fait des recherches sur la nature de cette propriété précieuse et il a trouvé qu'elle tenait à la présence, dans les gommes du vin, d'une certaine quantité de pectine, substance que l'on trouve dans un assez grand nombre de fruits et d'où dépend la prise en gelée du suc de ces fruits. Cette pectine se constitue elle-même aux dépens d'un sucre, la pectose, des tissus végétaux.
Plus il y a de pectine dans le jus du raisin, plus le moelleux du vin est grand; et plus la maturité du raisin est avancée, plus la proportion de pectine est élevée.
Pour obtenir cette qualité si appréciée, il faut donc laisser mûrir à fond les vendanges, et même laisser les grains se ramollir, comme on le fait d'habitude pour certains vins, notamment pour ceux de Sauterne.
Mouvement littéraire.
La Beauté d'Aleias, par Jean Bertheroy (Flammarion, 3 fr. 50).--Esclave, par Gérard d'Houville (Calmann-Lévy, 3 fr. 50).--Le Prisme, par Paul et Victor Margueritte (Plon, 3 fr. 50).
La Beauté d'Aleias.
La jeune Doris, d'Egine, a donné les premiers battements de son coeur au jeune athlète Alcias, dont les ancêtres ont cueilli tant de lauriers dans les jeux de la Grèce. D'une gracilité vigoureuse, d'une souplesse et d'une force surhumaines, Alcias dépasse en beauté tous les hommes de ce beau pays. Ce que Doris adore en lui, ce n'est ni son âme, ni sa fortune, ni les douces paroles de ses lèvres: c'est sa beauté. Mais comment Vicias peut-il répondre à ses voeux et l'épouser? N'est-il pas tenu, jusqu'à ce qu'il ait conquis tous les prix, à une continence absolue? La chasteté, gardienne de la force, est imposée aux athlètes. Comme il aime Doris, il se hâte de passer par tous les travaux et de couronner rapidement sa carrière. Aux jeux Pythiques, aux jeux Olympiques, il terrasse ses adversaires. A la lutte de Némée--la lutte ultime--Alcias remporte encore la victoire, mais à quel prix! Le poing ganté du ceste de son rival lui a enlevé la lumière des yeux. En lui voyant le regard éteint, Doris sent que le charme est rompu. Ce que cette Grecque d'Egine idolâtrait dans Alcias, c'était la perfection du corps, l'harmonie divine de tous les traits. Sans beaucoup d'espoir, elle le mène au sanctuaire d'Epidaure où s'opèrent, sous la direction des Asclépiades, de nombreux miracles. O bonheur! Alcias recouvre à la fois la clarté des yeux, la beauté première et tout l'amour immense de Doris. A côté de ces deux êtres, Mme Jean Bertheroy a imaginé une poétesse, soeur d'Aleias, laquelle, malgré la chasteté qu'elle doit à la déesse de la Sagesse, s'est donnée à un sculpteur, Osthanès, lequel semble puni des dieux --la scène reste dans un certain vague, peut-être voulu--pour être sorti des traditions et du style conventionnel et avoir représenté, dans sa réalité, le bel Alcias. On peut faire des réserves pour cette partie du roman. Mais quelle poésie Il y a l'amour éternel, le même partout! Il y a la Grèce dans ses temples, dans ses jeux, dans ses paysages, dans ses nobles passions! On en devient le citoyen heureux en lisant la Beauté d'Aleias; on se mêle au peuple d'Egine; on se plonge avec ravissement dans le torrent d'idéalisme qui s'échappe de l'âme poétique de Mme Jean Bertheroy.