Le poème de la Princesse et de la Fleur, dansé par
Mme MacLeod au musée Guimet.--Phot. Paul Boyer.
LES DANSES BRAHMANIQUES AU MUSÉE GUIMET
Lundi dernier, le directeur du musée Guimet et M. de Milloué ont fait une intéressante conférence sur les danses brahmaniques.
Mais estimant judicieusement qu'en pareille matière la parole la plus précise et la plus colorée ne vaut qu'à la condition d'être le commentaire explicatif de la chose vue, M. Guimet a voulu donner à la conférence son complément naturel par une reconstitution vivante de ces drames sacrés de l'Inde, que la beauté esthétique du geste ennoblit, même quand la mimique expressive évoque des idées profanes.
Sous une rotonde enguirlandée, éclairée à peine et représentant assez bien le sanctuaire du dieu Siva. Ce furent tour à tour, aux sons d'une musique à la fois harmonieuse et sauvage, rythmant les mouvements: l'Invocation à Siva, la Princesse et la Fleur magique, les Danses guerrières en l'honneur de Soubrâhmanya.
Cette curieuse reconstitution trouva une première interprète à souhait en Mme MacLeod, dont les poses plastiques, la souplesse, la grâce, surtout dans le délicieux poème de la Princesse, émerveillèrent les privilégiés conviés à ce spectacle rare, où l'art avait sa large part.
NOTRE SUPPLÉMENT «PRÈS DU FEU» D'APRÈS LE TABLEAU DE Mme LEE-ROBBINS
Mme Lee-Robbins est de cette petite phalange de peintres qui, depuis quelques années, se sont appliqués à traduire pour nous les charmes des intérieurs élégants, meublés d'adorables vieilleries, où vivent, vont et viennent et rêvent des hôtes désoeuvrés, las, blasés, et pas toujours heureux.
Pour ces artistes délicats, un peu précieux parfois dans leurs goûts et, en général, habiles, on vient d'inventer une épithète infiniment moins jolie, d'ailleurs, que telles de leurs oeuvres; on les appelle «les intimistes». Mme Lee-Robbins est donc, si elle y consent, une «intimiste».
Et c'est, en effet, dans l'intimité la plus réelle qu'elle nous présente cette femme, agréable à voir, d'ailleurs, au corps souple et d'allures désinvoltes, qui, toute parée --et par le bon faiseur--pour la soirée dont l'heure approche, l'éventail en main déjà et s'essayant aux manèges vainqueurs, prend, comme disaient nos grands-pères, un air de feu, devant que le coupé soit avancé.