LES EXPÉRIENCES DE CHERBOURG.--
Le submersible «Aigrette» naviguant en immersion.
Dessins de Johansor, d'après des documents graphiques.]
LE «SULLY» ÉCHOUÉ DANS LA BAIE D'ALONG
Le premier courrier qui arrive en France, depuis l'échouage du Sully dans la baie d'Along, nous apporte des documents d'un extrême intérêt: ce sont des photographies prises après l'accident et permettant de se rendre compte de toute sa gravité.
Le Sully marchait à 11 noeuds, pendant un exercice de lancement de torpilles, quand, à deux heures quarante-neuf minutes exactement de l'après-midi, le 7 février, il toucha, par moins de 7 mètres, en un point où les cartes marquent 14 mètres de fond, à une distance de 108 mètres du rocher appelé le Canot. Il fut littéralement éventré sur la moitié de sa longueur, puis s'arrêta, son milieu reposant sur l'écueil comme le fléau d'une balance sur son couteau. L'énorme quantité d'eau pénétrant par l'avant le fit enfoncer, en même temps qu'il s'inclinait sur bâbord, de telle façon qu'on pouvait craindre un renversement complet. L'évacuation du navire par les 650 hommes d'équipage s'imposait.
La situation était d'autant plus critique que tous les rochers environnants étaient à pic, sauf une pointe et une plage minuscules que montrent nos photographies.
Heureusement, une dépèche avait pu être lancée, par la télégraphie sans fil, avant que les dynamos fussent noyées. Elle toucha le Gueydon qui, forçant de vitesse, arriva quelques heures après, et recueillit les naufragés du Sully, cramponnés aux aspérités de roc ou entassés dans les canots du bord. Aucun ne manquait cependant.
Trois jours après, les compartiments de l'arrière s'étant remplis à leur tour, le Sully basculait et se redressait. Mais depuis, malgré tous les efforts, sa situation ne s'est pas améliorée, et son sauvetage est des plus problématiques. Le matériel, toutefois, a pu être enlevé.
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Vue du rocher Canot, prise du «Sully». (À gauche du Canot, une petite roche sur laquelle vingt hommes trouvèrent place après l'évacuation du navire.) |
Deux vues du pont du «Sully», pendant le débarquement du
matériel dans des gabares. (Ces deux photographies, ainsi que la précédente, ont été prises le 13 février, cinq jours après le naufrage.) |
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Vue prise par tribord avant le 8 février, entre 10 et 11 heures du matin, pendant les opérations du sauvetage. Les seuls rochers à proximité du lieu de l'échouage, où le débarquement de l'équipage était possible: 15? hommes y passèrent la nuit du 7 au 8 février. |
Vue prise par le travers à tribord, le matin du 8 février. Vue prise par tribord arrière, le 8 février. LE CROISEUR CUIRASSÉ «SULLY» ÉCHOUÉ DANS LA BAIE D'ALONG |