La salle à manger. Le salon.
Photographies Russell and Sons.

LE RENDEZ-VOUS DU ROI ET DE LA REINE D'ANGLETERRE A MARSEILLE.--Appartements des souverains à bord du yacht royal "Victoria-and-Albert".

Les souverains allemand et portugais en carrosse. Guillaume II descend du carrosse royal.

LE VOYAGE DE GUILLAUME II

Nous avons, la semaine dernière, annoncé la nouvelle de la sensationnelle visite qu'allait faire à Tanger, entre une escale à Lisbonne et une autre aux Baléares, l'empereur Guillaume IL Cette visite a pris les proportions d'un incident diplomatique.

Elle n'a pourtant pas été longue, ayant duré tout juste une heure et demie. Mais elle a présenté un caractère assez solennel, comme nos lecteurs peuvent en juger par les photographies que l'Illustration --qui était représentée là comme elle l'est partout--a reçues de ses correspondants particuliers, et qu'un véritable tour de force nous permet de publier dès cette semaine.

Nous n'avons que peu de mots à ajouter aux légendes explicatives imprimées sous chaque gravure.

On sait que le débarquement de l'empereur, annoncé pour neuf heures du matin, n'eut lieu qu'à onze heures et demie. Entre temps, des officiers de l'état-major impérial étaient descendus à terre, avaient pu s'assurer de l'état des esprits et avaient occupé leurs loisirs à essayer les chevaux offerts par le sultan à son impérial visiteur.

Guillaume II, débarqué en retard, tint cependant à repartir à l'heure convenue. Le programme fut donc écourté. Il n'y eut pas de fantasia, pas de visite au Grand-Sokko et à la Kasbah: il n'y eut que des réceptions, de brefs discours, de rapides entretiens de l'empereur avec l'oncle du sultan, Abd el Malek, et le caïd anglo-marocain Mac-Lean, venus tout exprès de Fez, avec les commerçants allemands de Tanger, avec le capitaine français Fournié, avec le comte de Chérisey, notre chargé d'affaires en l'absence de M. Saint-René-Taillandier. Pour tous, Guillaume II eut, paraît-il, de bonnes paroles. Mais on n'en connaît pas encore la teneur exacte, et ce doute permet aux commentaires d'aller leur train: il y a désormais un incident franco-anglo-hispano-allemand-marocain.