Il fit la campagne de 1870 à l'armée de la Loire, à l'armée de l'Est avec Bourbaki. A dater de 1873, attiré tout particulièrement vers les recherches d'aérostation et d'aviation, il s'y consacra avec les collaborations successives du capitaine Krebs et de son frère, le commandant Renard. Il eut la satisfaction de résoudre le premier, d'une façon complète, le problème de l'aérostat dirigeable, c'est-à-dire le retour certain au point de départ dans des conditions favorables. Il avait acquis en cette matière une compétence et une autorité incontestées.

Les chercheurs du grand problème de l'aviation trouvaient toujours de bons conseils et un excellent accueil auprès deavant modeste et bienveillant autant qu'éminent. Mécanicien distingué dans les diverses branches et en même temps physicien, le colonel Renard présidait plusieurs sociétés savantes et avait apporté un précieux concours, comme membre des jurys et des commissions, à nos expositions universelles.

LE «TOURBILLON DE LA MORT»

Mlle Marcelle Randal dans l'automobile du «Tourbillon de la mort».

Cette nouveauté acrobatique vient, hélas! de justifier son appellation funèbre, qu'on présumait volontiers n'être qu'une artificieuse hyperbole destinée à corser l'effet d'une «attraction» sensationnelle.

Le «Tourbillon de la mort», c'était le dernier mot du looping the loop, le bouclage de la «boucle» en automobile, agrémenté d'un surcroît de difficultés. On sait--et notre schéma le fera mieux comprendre encore--comment fonctionnait, depuis un mois environ, au Casino de Paris, l'appareil construit par l'ingénieur Revel. L'automobile où se tenait, ligotée, Mlle Marcelle Randal, une jeune fille de vingt-deux ans, descendait avec une rapidité vertigineuse d'une hauteur de 8 mètres, le long d'un plancher fortement incliné; au bas de ce plancher, les roues de derrière faisaient déclencher un puissant ressort, qui projetait la voiture en l'air en la faisant basculer; il en résultait un véritable saut périlleux, au terme duquel le véhicule retombait sur un plan d'arrêt.

Le soir du vendredi 14 avril, Mme Randal, son exercice accompli, ne se releva pas, à son ordinaire, pour saluer les spectateurs: on la transporta évanouie à son domicile, où elle expirait, le lendemain, sans avoir repris connaissance. Une instruction judiciaire est ouverte et, d'après l'avis des médecins, il semble bien que cette mort doive être attribuée non à un accident, mais à la répétition de la commotion cérébrale, conséquence des violentes secousses imprimées au corps de la jeune acrobate.

Mme Adelina Patti.--Phot. Langper.