Des fontaines lumineuses jailliront des bassins de la place du Théâtre-Français. Ce n'est pas tout: pour assurer le développement commercial de l'avenue de l'Opéra, des expositions périodiques d'étalages seront organisées. Le syndicat espère aussi que toutes les devantures des magasins resteront éclairées une partie de la soirée.

Il y a encore un projet de balcons fleuris, avec jardinières montées tout exprès et plantes retombantes en guirlandes... Toutes ces innovations obtiendront vraisemblablement un succès mérité, car elles sont basées sur les deux éléments de décoration qui produisent toujours les plus charmants effets: les fleurs et la lumière.

LES AUTOMOBILES PUBLIQUES A PARIS

Pour visiter en quelques heures la capitale immense, les étrangers en tournée, conduits par les agences de voyage, étaient jusqu'à présent véhiculés dans d'immenses «paulines» ou «tapissières» qui roulaient avec fracas au galop peu rapide de cinq chevaux fouettés à tour de bras. Une de ces grandes agences vient de moderniser ce service en mettant à la disposition de ses clients une automobile, mais une automobile de proportions inusitées, à cinq rangées de banquettes s'étageant en gradins et qui promène, d'ores et déjà, les visiteurs étrangers avec plus de rapidité, quand il est nécessaire; avec, toujours, plus de confortable.

Automobile publique de 24 places utilisée pour visiter Paris par les étrangers en tournée. M. de Pellerin. M. Villain. M. Pérouse. M. Charles-Roux. M. Lévy. M. Maruéjouls. M. Boix. Groupe de délégués au Congrès international des chemins de fer de Washington, sur le pont du paquebot "La Lorraine".--Phot. Dejean.

LE CONGRÈS DES CHEMINS DE FER A WASHINGTON.

Prochainement va s'ouvrir, à Washington, un Congrès international des chemins de fer, auquel la France doit, comme il convient, prendre une large part. Au nombre de ses principaux représentants, on compte: MM. Pellerin de Latouche, administrateur de la Compagnie P.-L.-M.; Georges Villain, directeur du contrôle commercial, et Pérouse, directeur des chemins de fer au ministère des travaux publics; Maruéjouls, ancien ministre; Wickersheimer, ingénieur en chef. Les congressistes sont partis du Havre, le 22 avril, sur le paquebot la Lorraine, accompagnés de M. Jules Charles-Roux, président de la Compagnie Transatlantique.

POUR ÉVITER LES INHUMATIONS PRÉMATURÉES.

Deux physiologistes ont fait connaître, à une récente séance de la Société de biologie, une méthode simple pour avoir la certitude de la mort. Cette méthode repose sur une constatation d'ordre chimique. Chez l'homme vivant, la réaction des viscères est alcaline; chez le sujet mort, cette réaction devient acide. Ce signe est constant; on peut considérer le changement de réaction comme un signe certain de la mort. Ceci posé, et toutes les observations faites confirment le fait qui sert de point de départ, MM. Brissemoret et Ambard ont montré de quelle manière le médecin doit mettre en évidence la certitude de la mort. La méthode est très simple et ne demande aucune instrumentation spéciale. Elle consiste, dans les cas où quelque doute subsisterait, où les taches cadavériques n'auraient pas fait leur apparition, à vérifier la réaction chimique d'un des viscères de l'abdomen, du foie ou de la rate, par exemple. Pour procéder à cette vérification, il suffit d'une seringue hypodermique à aiguille un peu longue et d'un peu de papier de tournesol bleu. On enfonce l'aiguille de la seringue, à travers la peau, dans la pulpe du foie ou de la rate; on tire sur le piston de manière à faire passer un peu de pulpe dans l'aiguille; on retire le tout et l'on étale le contenu de l'aiguille sur le papier de tournesol. Celui-ci présente aussitôt une tache rose, très visible sur la face opposée à celle sur laquelle on a posé la pulpe, et qui est la preuve de l'acidité de cette dernière. S'il y avait un peu de sang avec la pulpe et si l'on cherchait le signe une heure ou deux après la mort, on commencerait par essuyer la pulpe sur du papier buvard pour qu'il absorbe le sang, lequel peut être encore alcalin. En ayant la précaution de flamber l'aiguille avant de l'introduire, on la rend aseptique et l'on évite tout danger, pour le cas où le sujet reviendrait à lui et ne serait pas réellement mort. L'acidification des viscères est déjà nette deux heures après la mort. Après vingt-quatre heures, elle est très forte; il ne peut y avoir aucun doute à son égard. Et elle est constante. Dans ces conditions, la constatation de l'acidité des viscères constitue un signe certain de la mort auquel il conviendra d'avoir recours dans tous les cas où il peut y avoir le moindre doute au sujet de la réalité du trépas.