Le monument de Gravelotte, inauguré le 11 mai par l'empereur Guillaume II.

LE MONUMENT DE GRAVELOTTE

Dans le programme du voyage que l'empereur d'Allemagne lient d'entreprendre en Alsace-Lorraine figurait, à la date du 11 mai, l'inauguration du monument commémoratif de Gravelotte.

Ce monument consiste en une sorte de cloître construit de pierres ocreuses, couvert de tuiles rouges, et dont les allées sont décorées à l'intérieur de médaillons en bronze représentant l'effigie des généraux allemands qui ont pris part à la bataille des 15-18 août 1870. Au milieu de l'espace découvert est placé un buste en marbre de Guillaume Ier, fondateur de l'empire, et, au fond, dans une niche faisant face à l'entrée, se dresse une statue symbolique, d'un caractère tout ensemble religieux et guerrier, ange ou génie, tenant une longue trompette.

Bien plus suggestif que cet édifice funèbre, d'une lourde banalité, est le lieu où il s'élève: le cimetière, avec ses simples croix de bois blanches, alignées derrière les sombres cyprès et portant des épitaphes suffisamment éloquentes en la précision de leurs chiffres, car elles indiquent que tel nombre d'Allemands et tel nombre de Français, tombés en se combattant, reposent depuis trente-quatre ans côte à côte sous le même tertre verdoyant.

L'OMNIBUS AUTOMOBILE

Dans son numéro du 1er avril, L'Illustration donnait, avec quelques indications sommaires, un dessin schématique représentant le type de voiture automobile que la Compagnie générale des Omnibus de Paris s'est décidée à construire.

Le 6 mai, l'omnibus de M. Léon Serpollet, muni d'un moteur à vapeur d'une force nominale de 40 chevaux et capable, au besoin, d'aller jusqu'à 100, faisait son premier essai, chargé de quelques voyageurs privilégiés. Parti, vers deux heures de l'après-midi, du dépôt de la rue Championnet, le véhicule, sous la conduite de son constructeur, à gravi les pentes abruptes de la butte Montmartre, puis à suivi à travers Paris, un itinéraire comprenant la rue d'Amsterdam, l'avenue de l'Opéra, la place du Carrousel, le boulevard Saint-Germain, les grands boulevards, depuis la Bastille jusqu'à la chaussée d'Antin. Après un trajet accompli en deux heures quarante minutes, sans la moindre panne, il stoppait à son point de départ. La réussite de cette première expérience permet d'espérer la prochaine mise en circulation des omnibus automobiles.