Un violent orage s'est abattu sur Paris, vers 3 h. 1/2 du soir, le jeudi 18 mai, au cours duquel un coup de foudre a frappé un arbre de l'avenue du Maine, en face le numéro 199, à l'angle du passage Rimbaut.
La décharge a atteint l'arbre (un orme) à environ cinq mètres du sol et a suivi le tronc, faisant éclater l'écorce, jusqu'à une distance d'un demi-mètre du trottoir où le sillon se termine. Une personne qui a vu le coup de foudre déclare qu'une boule de feu est partie du pied de l'arbre et a sauté jusqu'au milieu de la chaussée, sans doute sur les rails du tramway, excellents conducteurs du fluide.
Comme on le voit sur la photographie ci-dessous, le sillon est très contourné. Il n'entoure pas l'arbre en spirale comme cela arrive souvent, mais est entièrement situé au sud-ouest, au sud et à l'ouest.
Dès le lendemain matin de l'orage, les ouvriers de la Ville de Paris ont arrangé tout le sillon de la foudre, coupant l'écorce régulièrement et passant le tout au goudron pour protéger l'aubier. C'est ce qui explique la régularité de la blessure sur la photographie et les reflets brillants sur la couche de goudron encore fraîche.
A quelques mètres de l'arbre se trouve une maison de six étages dont la toiture, les conduites de descente, les tuyaux d'eau et de gaz constituent des conducteurs parfaits. L'étincelle atmosphérique a préféré l'arbre. La foudre a parfois des caprices bien bizarres!
La proportion des sexes aux États-Unis.
On sait que, chez tous les peuples civilisés, c'est le sexe féminin qui domine. Les naissances masculines sont toujours un peu plus nombreuses que les naissances féminines, mais il meurt plus de petits garçons que de petites filles et, de 15 à 25 ans, le sexe masculin est en minorité. Les victimes que fait la maternité lui rendent ensuite la majorité jusque vers cinquante ans. Finalement, la durée de la vie étant moindre chez l'homme que chez la femme, le sexe féminin finit par dominer. Ceci est la loi classique en démographie. Mais voici que le dernier recensement des États-Unis semble apporter à cette loi un démenti fort grave. Dans la totalité de la nation, on a, en effet, enregistré un excédent de 1.638.621 individus mâles.
Sans doute, dans certains États, il y a un peu moins d'hommes que de femmes: de 47 à 49 pour 100 habitants; mais dans quelques autres, par exemple dans le Wyoming et le Montana, on constate un excès masculin parfois considérable, pouvant aller jusqu'à 63.
Toutefois, cette contradiction avec la loi reconnue n'est peut-être qu'apparente; car il est certain que l'émigration, si importante aux États-Unis, et qui n'y introduit guère que des éléments masculins, est sans doute la cause de cette inversion numérique des sexes.
D'ailleurs, les femmes sont en grand excès dans les villes. Dans 1.861 villes, on compte un excédent de plus de 200.000 femmes.