Le drapeau de l'union suédo-norvégienne amené
solennellement. jusqu'au moment où la Norvège formula, de façon précise, ses griefs. Cela remonte à 1836, tout simplement, et l'on voit qu'un ménage bien établi peut subsister longtemps sur le pied de guerre. Puissance maritime avant tout, elle exigeait une représentation consulaire distincte de celle de la Suède. Elle voulait aussi un ministre des affaires étrangères à elle,--cette question étant intimement liée à la première. Enfin, et surtout, pourrait-on dire, elle voulait avoir son pavillon national propre. L'accord de 1814 portait que les deux pays auraient chacun son pavillon, rappelant, dans le quartier supérieur contigu à la hampe, les couleurs de l'autre pays. C'était le «pavillon d'union». Le drapeau de la Suède, bleu avec une croix jaune; celui de la Norvège, rouge, avec une croix gros bleu bordée de blanc. Le canton portant la marque d'union rappelait, en Suède, le rouge, le bleu et le blanc de la Norvège; en Norvège, le bleu et le jaune de la Suède. C'était un petit pavillon dans l'angle du grand. Dès 1821, les deux sections du Storthing,--le parlement entier,--adoptaient une décision portant que le pavillon norvégien serait rouge vif, divisé par une croix bleu foncé aux bords blancs. Le roi opposa son veto à cette décision. Ce n'est qu'en 1828 qu'un décret royal accorda seulement aux navires marchands norvégiens la faculté de battre ce pavillon. Ce n'était qu'une licence octroyée. Mais le pavillon de guerre demeurait pavillon suédois d'union, c'est-à-dire, en fait, le pavillon suédois, les deux pays n'ayant qu'une marine de guerre et une armée. D'où les dissensions.
En 1899, après une lutte très vive contre la couronne, le Storthing proclamait la suppression du canton d'union de tous les pavillons marchands et de ceux des édifices nationaux. Seuls les drapeaux militaires portaient encore en dernier lieu la marque d'union. C'en est fait, désormais: la Norvège, indépendante, a son drapeau à elle.
Sur le champ de bataille, au sud-ouest de Moukden:
l'autel et le monument aux morts.
APRÈS LA VICTOIRE DE MOUKDEN
Réjouissances au camp japonais en l'honneur des morts.
Notre correspondant de guerre avec l'armée japonaise nous écrit du quartier général:
Le plus grand honneur pour un soldat japonais est de se faire tuer pour son pays. Il ne chante pas: «Mourir pour sa patrie est le sort le plus beau!» mais il le croit et agit en conséquence. La mort sur le champ de
La vieille et la jeune armée en présence. bataille, loin d'être pour la famille du défunt une cause de tristesse, est au contraire une cause de légitime orgueil et nulle trace de chagrin ne doit paraître sur les visages.