La première vogue, déjà lointaine, du chapeau de Panama avait été suivie d'une longue période de défaveur, presque d'oubli; il y a quelques années encore, c'est à peine si de rares contempteurs de la mode, gens d'âge mûr, osaient, l'été venu, arborer ce couvre-chef aux bords larges et souples, commode mais suranné. Par un de ses retours coutumiers, la mode, depuis plusieurs saisons, l'a de nouveau adopté; elle lui fait la part belle parmi ses concurrents et même on peut dire qu'étant d'un prix beaucoup plus abordable qu'autrefois il commence à se démocratiser.

Aujourd'hui, l'État qui a donné son nom à cette coiffure estivale ne la fournit plus guère; les meilleurs «panamas» viennent de la République de l'Équateur, de Porto-Rico et des Antilles; d'ailleurs, c'est surtout la matière première, tirée des fibres d'un arbre du genre latanier, que les pays de production exportent en Europe, où elle est mise en oeuvre. Cette branche de l'industrie chapelière s'est particulièrement développée dans la région de Nancy et en Alsace-Lorraine.

Après le blanchiment par un procédé chimique, les chapeaux sont soumis au séchage en plein air et, comme notre gravure permet d'en juger, cette phase de la fabrication n'est ni la moins curieuse ni la moins pittoresque: on croirait voir de haut onduler, sous le soleil, une foule compacte aux centaines de têtes uniformément coiffées.

Une amazone américaine.

Une amazone américaine: Miss Mulhall, fille du «roi
d'Oklahoma».
--Ph. G. Grantham.]

Cette amazone fameuse de l'autre côté de l'Atlantique émerveillait dernièrement New-York par ses rares talents de sportswoman. Non contente de dresser et de maîtriser les chevaux les plus intraitables, elle dompte, et monte des taureaux sauvages; en outre, maniant le lasso avec la maîtrise du plus habile gaucho, elle capture elle-même ces animaux: telle est son habileté qu'elle a réussi à en forcer jusqu'à trois ensemble en l'espace de trois minutes et demie.

Rossie Mulhall (elle porte en réalité le prénom de Lucile), est une des filles de M. Elias Mulhall, surnommé le «roi d'Oklahoma» et qui s'honore de compter parmi les amis du président Roosevelt. C'est une jeune personne plutôt frêle d'apparence, ne pesant même pas 50 kilos, mais d'une vigueur musculaire et nerveuse peu communes. Vêtue d'un costume mi-masculin, mi-féminin, coiffée d'un large feutre, elle chevauche hardiment d'extraordinaires montures sur les promenades publiques, où ses apparitions ne manquent pas de faire sensation.

A propos des prouesses sportives accomplies contre l'ordinaire avec des bêtes à cornes, il n'est pas sans intérêt de rappeler la création à Madagascar, aux environs de Majunga, il y a quelques années, d'une véritable «cavalerie de boeufs». M. Sluszanski, en effet, avait pu dresser à la voiture et à la selle une trentaine de boeufs, capables, comme le constate un rapport officiel, de rendre de grands services dans notre colonie pour les transports et le déplacement du personnel.

LE LOYALISME EN SUÈDE